Afrique: Sans la R&D, la sécurité alimentaire reste compromise

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Ivan Alvarado / Reuters
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AGRICULTURE - Alors que l’Afrique a le potentiel d'accroître la valeur de son rendement agricole, les investissements injectés dans la recherche agricole sont toujours en deçà des attentes. Une nouvelle étude de l’OCP Policy Center sur la relance de la productivité agricole en Afrique décortique le potentiel agricole du continent, mais aussi les freins à son exploitation.

Le think thank marocain pointe la faiblesse de la recherche agricole dans les pays africains, en dépit du besoin croissant de développement de technologies adaptées aux environnements de production. En effet, les dépenses dans la R&D agricole ne dépassent pas 5% du PIB dans 43 pays de la région. Pis, "il n’y a que dans seulement 6 pays que cette part dépasse la barre de 1%, est-il indiqué".

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Certes, l’utilisation des facteurs primaires, en l’occurrence les terres arables et la main d’œuvre a permis de tirer vers le haut la croissance agricole, mais cela reste insuffisant pour répondre aux besoins de la population. "Couplé à la faible augmentation de la productivité agricole, le recours massif à ces facteurs s’est traduit par une croissance insuffisante de la productivité globale et ainsi, une faible augmentation du revenu", constate l'OCP Policy Center. Ceci étant, l’investissement dans la recherche s’avère crucial dans ce contexte de lutte et d’adaptation au changement climatique.

Pour les experts de l’OCP Policy center, il n’y a rien à craindre du recours aux nouvelles technologies. "La R&D agricole a le défi de générer des technologies à la fois hautement productives tout en préservant la qualité du capital naturel de production, notamment la fertilité des sols, la disponibilité et la qualité des ressources en eau", peut-on lire dans le document.

Cependant, "la R&D ne doit pas se limiter au développement de nouvelles variétés de semences et plants, mais s’étendre à l’ensemble des itinéraires techniques et leur adaptation aux conditions locales", prévient-on. L’étude recommande surtout aux pouvoirs publics de capitaliser sur les infrastructures, le savoir-faire et les technologies locales. Cela permettra aux petits agriculteurs de réduire leurs dépenses d’approvisionnement en input, ce qui les incitera à produire davantage.

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