La dépression, une pathologie qui touche de plus en plus d'Algériens

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DEPRESSION ILLNESS
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Le nombre d'Algériens touchés par une dépression. Une affirmation qui fait l'unanimité chez les spécialistes réunis à Tizi-Ouzou en début de semaine.

Une pathologie dangereuse et silencieuse, affirme-t-on, qui une fois installée chez la personne, et en dépit de l’administration des traitements, peut pousser le malade à des conduites suicidaires.

Lors d’une rencontre sur la santé mentale organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé à l’établissement hospitalier spécialisé en psychiatrie (EHS) d’Oued Aïssi (Tizi Ouzou), le psychiatre Abdelkrim Messaoudi a expliqué que cette maladie était l’une des atteintes mentales les plus fréquentes dans la société aux côtés des troubles de l’humeur et la schizophrénie.

Le psychiatre a expliqué que les différents troubles mentaux, notamment la dépression, font l’objet d’un sous-diagnostic ou d’un diagnostic tardif qui est à l’origine de retard dans la prise en charge et par conséquent de l’apparition des complications chez les patients.

Le Pr. Messaoudi a indiqué, dans ce sillage, que la prévalence de suicide est de 15 cas pour 100 000 habitants, d’où la nécessité de renforcer les moyens de dépistage précoce des maladies mentales qui constitue l’un des moyens de lutte contre le suicide dans la société.

"Nous insistons sur le rôle du médecin généraliste dans l’établissement du diagnostic de la dépression chez les différentes catégories d’âge avant que des complications apparaissent. Pour cela, ces praticiens devront subir des cycles de formation pour mieux connaître ces affections et leur symptomatologie et orienter de ce fait les malades vers des structures spécialisée , a-t-il soutenu.

Abordant les moyens de prise en charge des pathologies mentales au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, le directeur de la santé et de la population, Bouda Abdennacer, a affirmé que les structures d’accueil à l’instar de l’EHS de Oued Aïssi ont été renforcés de moyens humains et matériels nécessaires pour améliorer les prestations et aboutir à des résultats plus performants.

Il a signalé également qu’en plus de cet établissement de référence à caractère régional d’une capacité d’accueil de 330 lits qui s’est doté en 2015 d’une unité de pédopsychiatrie, un service de psychiatrie est fonctionnel au niveau du CHU de Tizi Ouzou, en plus de l’ouverture d’un centre spécialisé en addictologie, ainsi que la dotation des différents établissements publics hospitaliers de la wilaya en psychiatres.

Le directeur de l’EHS d’Oued Aïssi, Lounes Bounous a déclaré que l’établissement fait face à une "surcharge" de malades et une "insuffisance" en lits d’hospitalisation, dans la mesure où il reçoit des malades des wilayas de Tizi Ouzou, Béjaïa, Douira et Boumerdès.

Durant l’exercice 2016, 2612 malades ont été hospitalisés au niveau de la structure pour différentes maladies mentales, au moment où 21 222 personnes ont subi des consultations de psychiatrie et 3869 des consultations de psychologie.

Le premier responsable de l’établissement a précisé que l’EHS fonctionne avec une trentaine de praticiens, dont 12 psychiatres, 10 médecins généralistes et 18 orthophonistes et psychologues.

Tout en soulevant un manque d'encadrement paramédical, M. Bounous a annoncé le renforcement durant l’exercice en cours de l’équipe médicale de cinq (05) médecins spécialistes en psychiatrie et deux orthophonistes.

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