Il faut "briser le tabou" de la prise en charge des personnes âgées dans des établissements spécialisés, selon un expert

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Photo d'illustration | Barcin via Getty Images
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La prise en charge médico-sociale des personnes âgées dans des établissements spécialisés bute sur des tabous culturels et religieux qu’il est nécessaire de briser, a indiqué, mardi à Tizi-Ouzou, l’expert des questions du troisième et du quatrième âge, le Pr. Khaled Touri.

Certaines personnes âgées, notamment celles souffrant de pathologies handicapantes ou lourdes et qui les rendent dépendantes, ne peuvent pas être prises en charge à domicile par leurs proches et doivent être placés dans des établissements spécialisés, a souligné le conférencier qui a animé une conférence-débat organisée par le groupe d’idées "IFAW" à l’auditorium Hasnaoua I de l’université Mouloud Mammeri.

Or, a-t-il dit, "aussi bien du point de vue culturel et social que celui religieux notre société voit mal des enfants placer leurs parents dans des maisons de repos", d'où, a-t-il relevé, "la contrainte des enfants de mettre entre parenthèse plusieurs années de leur vie afin de s’occuper de leurs parents, une situation qui transforme la relation parents/enfants en lien aidants-aidés".

Le Pr. Touri a également relevé que les personnes âgées, prises en charge au sein de la famille, ne bénéficient pas de soins nécessaires car leurs proches n’ont pas les compétences exigées (en diététique, kinésithérapie, aides-soignants en gérontologie) pour s’occuper de cette frange vulnérable.

Au plan infrastructurel, cet expert a observé que l’Algérie, dont l’espérance de vie de sa population est actuellement de 76,8 ans qui s’est nettement améliorée et se rapproche de celles des populations des pays développés, "doit penser dès à présent à ouvrir des centres de gériatrie dans les secteurs public et privé".

Selon ce praticien, les maisons de repos qui existent à travers le territoire national ne sont pas spécialisées dans la prise en charge des personnes âgées souffrant d’affections physiques, mentales et/ou fonctionnelles.

L’université de Tizi-Ouzou, a commencé à s’intéresser à cette question il y a quelques années déjà à travers l’organisation, par les facultés de médecine et des sciences humaines et sociales, de rencontres scientifiques sur la problématique de la prise en charge des personnes du troisième et du quatrième âge.

C’est aussi dans ce sillage que la faculté de médecine prévoit d’ouvrir une formation en gériatrie afin de former des spécialistes dans les pathologies liées à la vieillesse, a indiqué à l’APS le doyen de cette faculté Abdelkrim Messaoudi, avant d'ajouter qu’une réflexion est engagée afin de proposer au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, l’ouverture de cette formation.

Le même responsable a ajouté que le Centre hospitalo-universitaire Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou sera associé à cette démarche pour étudier la possibilité d’ouvrir un service de gériatrie au niveau de cet établissement.

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