Cette femme a accouché pendant son coma et s'est réveillée trois mois plus tard

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SANTÉ - Son frère est en joie. Amelia Bannan revient doucement parmi les vivants. L'histoire incroyable de cette policière argentine qui a accouché d'un enfant pendant son coma émeut le monde hispanophone depuis plusieurs mois.

Le 7 avril, son frère écrivait sur Facebook qu'elle venait de prononcer ses premiers mots depuis l'accident qui l'avait plongée dans une profonde léthargie. Son post a suscité près de 6000 interactions.

"Ses premières réponses aux questions qu'on lui a posées étaient... OUI... NON...", a-t-il publié sur son compte. "Depuis 15h, elle n'arrête pas de bouger, de dire des choses que peu comprennent... Je vous dis qu'à partir d'aujourd'hui, nos vies vont complètement changer..."

L'enfant Jésus

Dans le coma depuis un accident de la route survenu le 1er novembre, Amelia Bannan a accouché à 34 semaines, le 24 décembre, d'un petit garçon, prénommé Santino et pesant 1,890 kg. Pourtant, elle était toujours dans ce que les médecins appellent communément un "état végétatif".

Amelia était enceinte de cinq semaines au moment de l'accident de voiture, rapporte le journal argentin Clarin. Des cinq passagers, elle a été la seule à être blessée. Le traumatisme crânien qu'elle a subi a entraîné la formation d'un caillot de sang dans le cerveau. Cela pourrait expliquer les difficultés de cette jeune femme à reprendre la main sur son corps.

Un cas similaire

En 2015, une histoire similaire s'était déroulée aux États-Unis. Une jeune femme avait accouché alors qu'elle était dans le coma depuis plusieurs jours. En 2014, le cas d'une Canadienne maintenue en vie pour que le fœtus atteigne un âge raisonnable avait suscité une vive émotion, d'autant que la jeune femme était cliniquement morte.

Le HuffPost a demandé à l'un des spécialistes de neurologie et d'imagerie cérébrale, le Dr Steven Laureys, directeur du "Coma Science Group", à l'université de Liège, comment l'histoire d'Amelia a pu se mettre en marche.

"Éveil non répondant"

"La plasticité du cerveau et sa capacité à récupérer est phénoménale et toujours un défi pour nous, chercheurs. Après quatre mois, comme dans le cas de cette jeune femme, c'est tout à fait possible de revenir à la vie. Classiquement, le coma ne dure pas plus de quelques semaines, ensuite, la personne rentre dans une phase que je préfère appeler 'éveil non répondant', au lieu de 'coma ou état végétatif'."

"Souvent, la récupération est tardive parce qu'elle n'est pas perçue par les équipes médicales. En France, tout est mis sur les soins intensifs, ensuite, si les patients ne se réveillent pas, ils sont négligés par la structure d'accueil."

Comprendre qu'il s'agit de son fils

Depuis la naissance de Santino, sa famille a toujours créé un contact entre Amelia et son bébé. Ils le rapprochaient de son visage et de sa poitrine. Souvent, ils les filmaient." Puis, ils postaient les vidéos sur la page Facebook du frère d'Amelia. Ceci afin de témoigner du fait que la jeune femme embrasse le nourrisson, même si elle n'est pas en mesure de parler, ni d'exprimer qu'elle comprend bien qu'il s'agit de son fils."

"Beaucoup de choses nous échappent sur les capacités de reconstruction du cerveau après un traumatisme crânien, insiste le Dr Laureys. Ce que l'on sait, c'est que la stimulation émotionnelle, comme une naissance, est très puissante. Dans notre centre de recherche, nous préconisons de présenter aux patients leur propre prénom écrit. Nous avons remarqué que cela provoquait un changement d'activité cérébrale."

Une blague ou une chanson

"Dans le cas de cette jeune femme, cela me semble évident qu'avoir été confrontée à son bébé l'a stimulée. Il est très important que les patients aient leurs proches près d'eux. Nous avons observé qu'une blague ou une chanson favorite peuvent déclencher le réveil."

Si les médias argentins sont prompts à établir un lien direct entre le réveil d'Amelia et la présence de son bébé, le Dr Laureys se montre prudent: "Attention, je ne veux pas susciter de faux espoirs, cela ne marche pas pour tout le monde, précise le médecin. Je fais simplement part de ce que j'ai observé jusque-là. Cette partie de la médecine reste très difficile à étudier scientifiquement. Ce qui l'a sauvée avant tout, ce sont les médecins, les soins intensifs qui lui ont été prodigués, et le fait que son bébé ait été conservé en vie."

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