Les voitures autonomes pourraient faire économiser des milliards de dirhams au Maroc

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TECHNOLOGIE - Dans un avenir plus si lointain, le marché automobile mondial pourrait changer totalement de visage. L'arrivée de véhicules autonomes, c'est-à-dire sans conducteur, n'est plus une utopie. Les constructeurs automobiles du monde entier se bousculent pour sortir le premier ces voitures du futur. Plusieurs prototypes ont déjà été lancés.

Selon une récente étude du cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group (BCG), aux Etats-Unis, 5 millions de voitures conventionnelles devraient ainsi être remplacées par 4,7 millions de voitures autonomes d'ici 2030.

"Le changement sera plus important dans les grandes villes, où les consommateurs trouveront plus économiquement avantageux d'abandonner leurs véhicules personnels pour commencer à héler des taxis-robots", prévoit le BCG. "Ce changement devrait commencer progressivement au début des années 2020, et pourrait aller encore plus vite si les innovations technologiques et la baisse des prix s'accélèrent."

Réduire le nombre d'accidents

Au Maroc, qui a enregistré en 2016 plus de 80.000 accidents de la circulation et 3.600 morts sur les routes, l'arrivée de voitures autonomes pourrait aussi changer la donne. Car l'un des arguments de poids des constructeurs automobiles qui travaillent sur ces engins, c'est bien de réduire de manière drastique le nombre d'accidents sur les routes. Le facteur humain, responsable d'au moins 80% de ces drames, ne poserait plus de problème si la voiture se conduit toute seule.

L'argument économique risque également de peser dans la balance. Selon une étude publiée lundi 10 avril par la société Expert Market et réalisée en partenariat avec Global Positioning Specialists, le Maroc perdrait en effet chaque année 1,91 milliards d'euros, soit plus de 20 milliards de dirhams (2% du PIB) dans les accidents de la route. Les voitures autonomes pourraient ainsi faire économiser au royaume 1,7 milliard d'euros par an, soit plus de 18 milliards de dirhams.

driverless car

Un homme à vélo devant un véhicule sans conducteur dans la zone d'essai du Centre de recherche de Vanke à Dongguan, dans le sud de la Chine.

Le Maroc perdrait un peu plus de 190 millions d'euros dans les accidents de la circulation avec les voitures autonomes, soit environ 2 milliards de dirhams, selon la même étude.

"Les gouvernements se laisseront difficilement convaincre d'investir dans des technologies de ce genre, à moins qu'on ne leur présente des preuves concrètes de leurs bienfaits", explique Lucile Michaut, à la tête d'Expert Market, dans un communiqué. "Ce que nous venons de faire, c'est leur prouver qu'il existe des raisons économiques pour investir dans les voitures intelligentes, au-delà bien sûr de l'évidente amélioration de la sécurité routière qu'elle représente."

La course à la voiture autonome

Les constructeurs automobiles et les entreprises technologiques font actuellement la course pour mettre sur le marché mondial les premières voitures sans conducteur. Volvo, Ford, Tesla, BMW et General Motors ont ainsi promis de produire des voitures totalement autonomes dans les cinq années à venir. Les géants américains Uber, Google et Apple se sont eux aussi lancés dans l'exploration de ce nouveau marché.

Il faudra néanmoins attendre encore un peu avant de voir débarquer sur nos routes ces voitures "en roue libre". La construction de ces véhicules pose en effet plusieurs questions. Qui sera responsable en cas d'accident d’une voiture autonome et qui devra payer? Fin mars, Uber a par exemple eu affaire à une collision entre trois véhicules après avoir lancé une de ses voitures autonomes en pilotage automatique - sans faire de victime heureusement.

Une autre question se pose concernant la cybersécurité. Car ces voitures pourraient faire l'objet de "piratages" à distance. Le Sénat américain avait ainsi publié en 2015 un rapport sur les risques sécuritaires qui pèsent sur de tels véhicules. "Les technologies sans fil exposent ces véhicules aux hackers, qui pourraient recueillir des informations sur l'emplacement des conducteurs et leurs habitudes", pointait du doigt le rapport. La mise en circulation de ces voitures devrait en tout cas représenter une petite révolution dans nos modes de transport.

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