Don d'organes: 77% des Tunisiens se disent favorables

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Un récent sondage révèle que 77% des Tunisiens se disent prêts à faire don de leurs organes à leur décès, dont 55% acceptant de donner la totalité de leurs organes et 26% un seul organe.

Les résultats du sondage ont été présentés vendredi à Sousse à l’occasion du 7e Forum franco-maghrébin sur le don d’organes organisé sur le thème “rôle des médias, de la société civile et des sociétés scientifiques dans la promotion du don d’organes”.

Des experts, des médecins et des journalistes de France, d’Algérie, du Maroc, de Mauritanie et de Tunisie participent à ce forum qui se poursuivra deux jours durant.

Selon le même sondage réalisé par Sigma Conseil et intitulé “Les Tunisiens et le don d’organes, perception et voies pour la promotion”, 89% des Tunisiens sont disposés à faire don de leurs organes à leurs parents, 88% à leurs enfants et 77% au conjoint.

Il se base sur une étude quantitative réalisée auprès d’un échantillon représentatif dans le grand Tunis et dans les 24 gouvernorats du pays.

Un tiers des Tunisiens parlent du don d’organes avec la famille et les proches, alors que 63% ignorent l’existence d’évènements consacrés au don d’organes et 89% ignorent l’existence d’associations actives dans ce domaine.

La directrice générale du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO) Rafika Bardi a expliqué que la transplantation d’organes en Tunisie dépend des donneurs vivants, ce qui réduit les chances de don d’organes vitaux qui ne peuvent être prélevés que sur un donneur décédé.

Seules 1783 greffes de rein ont été effectuées en 2016, dont 1447 opérées grâce au don d’un sujet vivant et 336 d’un sujet décédé.

Le principal obstacle reste l’opposition de la famille du défunt, qui représente 90% des refus.

Bardi a expliqué le problème de la baisse de donneurs au cours des dernières années par l’absence de la culture du don d’organes en Tunisie et dans les pays maghrébins, ce qui conduit à la mort du patient en attente d’une greffe. Elle met en cause “les traditions, les mentalités arriérées et les préjugés” ainsi qu’une “confusion” chez l’opinion publique entre le don d’organes et le trafic d’organes.

“Certains malades en attente de greffe sont obligés d’acheter des organes dans des pays étrangers, mais la seule solution pour les 1400 inscrits sur les listes d’attente pour une greffe de rein par exemple est le prélèvement sur un patient en état de mort cérébrale. La loi impose d’obtenir l’accord de la famille, qui refuse en général”, a-t-elle indiqué, soulignant là le rôle des médias et de la société civile dans la sensibilisation à l’importance du don d’organes et à la noblesse d’un tel acte.

En France, les familles s’opposent dans 30% des cas, a indiqué Anne Courrèges, directrice générale de l’agence française de la biomédecine, qui a également mis l’accent sur l’importance de la sensibilisation pour sauver des vies.

“En 2016, 5891 transplantations ont été effectuées en France, soit une hausse de 5.2% par rapport à 2015. Il y a eu 3615 greffes de rein, 477 transplantations cardiaques et 371 greffes de poumon.

En Algérie, et en dépit d’une évolution certaine de la transplantation d’organes, elle reste cependant interdite dans le secteur privé, a pour sa part expliqué le directeur général de l’agence algérienne de transplantation d’organes Mohamed Bourehla.

“Le nombre de greffe est passé de 166 en 2014 à 244 en 2016”, a-t-il indiqué, ajoutant que la greffe de la cornée au augmenté de 40 opérations en 2014 à 1013 opérations en 2016.

La directrice générale de la santé Nabiha Borsali Falfoul avait affirmé, à l’ouverture du Forum, que la greffe d’organes reste l’un des meilleurs traitements possibles pour l’insuffisance sévère, mettant en exergue le rôle central des médias dans la sensibilisation au don d’organes.

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