Pour ces élus américains, les frappes en Syrie ordonnées par Trump sont contraires à la Constitution des États-Unis

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Le Congrès américain n'a pas été sollicité pour la validation de la frappe en Syrie le 6 avril. | CC/WIKIPEDIA
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INTERNATIONAL- Un acte anticonstitutionnel? Donald Trump avait prévenu qu'une réponse militaire était envisagée contre le régime de Syrien après l'attaque chimique qui a frappé Khan Cheikhoun le 4 avril dernier.

Et effectivement, dans la nuit du 6 avril, le gouvernement américain a approuvé une frappe importante de 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat. Cette dernière est "associée au programme" syrien d'armes chimiques et "directement liée" aux événements "horribles" de Khan Cheikhoun, a d'abord dévoilé un responsable anonyme. Cette attaque aurait détruit presque la totalité de la base et fait 4 morts.

Alors que de nombreux élus républicains et démocrates du Congrès ont apporté leur soutien à la décision de Donald Trump, certains ont dénoncé le côté anticonstitutionnel de l'initiative: en effet, le président n'avait pas demandé l'autorisation de Congrès pour effectuer cette frappe, comme l'exige la loi.

Le Sénateur Rand Paul s'est exprimé sur Twitter:

"Le président a besoin de l'autorisation du Congrès pour l'action militaire comme l'exige la Constitution"

Arguant également que leurs "interventions précédentes dans cette région n'ont rien fait pour rendre notre pays plus sûr et la Syrie différente".

Un point de vue que partage le Républicain Justin Amash:

"Les frappes aériennes sont un acte de guerre. Les atrocités commises en Syrie ne peuvent justifier le départ de la Constitution qui confère au Congrès le pouvoir de commencer la guerre"

Idem pour le démocrate Ruben Gallego:

"Qu'elle est la stratégie ici? Quel est le but final? Pourquoi fallait-il que l'on frappe aujourd'hui? Ce n'est pas de cette façon que l'on mène une frappe militaire."

Barbara Lee, représentante du Congrès a également pointé du doigt la prise d'initiative non conventionnelle de Donald Trump.

"C'est un acte de guerre. Le Congrès doit tenir une séance et ouvrir un débat. Faire moins serait une abdication de nos responsabilités".

"Inquiet" de voir les Etats-Unis s'engager contre le régime syrien sans réelle stratégie, le sénateur démocrate Chris Coons a estimé que "les actions décidées par le président soulevaient plus de questions qu'elles ne fournissent de réponses".

"Le Congrès a autorisé le président a recourir à la force contre les terroristes. Nous n'avons jamais autorisé l'usage de la force pour faire appliquer les traités contre les armes chimiques", a défié le parlementaire démocrate Ted Lieu.

Des déclarations qui font étrangement écho à ceux de Donal Trump lui-même en 2013 face à Barack Obama, lorsqu'il envisageait de frapper Bachar al-Assad.

"Le président doit avoir l'approbation du Congrès avant d'attaquer la Syrie. Ce serait une grosse erreur de ne pas le faire".

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