La dépression, une maladie comme les autres

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SANTÉ - La dépression est une maladie comme les autres, une maladie dont il convient de parler sans tabou pour parvenir à la vaincre. Voilà le message que veut faire passer l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l'occasion du 7 avril, journée mondiale de la santé. Célébrée chaque année pour marquer l'anniversaire de la création de l'OMS, la journée a cette année pour thème de campagne la dépression.

Selon le docteur Yves Souteyrand, représentant de l’OMS au Maroc, "les maladies mentales ne sont pas considérées comme des maladies à part entière, comme le sont les troubles physiques". Pourtant à l'échelle mondiale, la dépression est la maladie de morbidité et d'incapacité la plus répandue.

Les malades souffrants de cette pathologie, comme tout autre personne atteinte de maladie mentale, sont encore et toujours pointées du doigt. "Ils sont stigmatisés", dénonce le professeur Abderrahmane Maaroufi, directeur de l'Épidémiologie et de Lutte contre les Maladies. "Les gens les traitent de fous, on dit qu'il ne faut pas s'approcher d'eux, qu'ils sont violents".

En moyenne, 50% des personnes atteintes de dépression ne sont pas traitées. Notamment en cause, la stigmatisation qui entoure cette maladie et les maladies mentales en général, mais aussi le manque de moyens investis par les États au profit des maladies mentales.

Selon l'OMS, seul 3% en moyenne des budgets publics pour la santé sont investis dans la santé mentale. Dans les pays à faibles revenus, ce chiffre n'est que d'1%

Qu'est-ce que la dépression?

Selon l'OMS, la dépression est une maladie qui se caractérise par une tristesse persistante, une perte d'interêt pour les activités qui, normalement, procurent du plaisir et une incapacité à accomplir les tâches quotidiennes. On parle de dépression si ces symptômes sont présents pendant deux semaines au moins.
La dépression se manifeste par les symptômes suivants: perte d'énergie, modification de l'appétit, insomnie ou hypersomnie, anxiété, difficulté de concentration, difficultés de prendre des décisions, agitation, sentiment d'inutilité, de culpabilité ou de désespoir, pensées autour de l'automutilation ou du suicide.

Des populations plus touchées que d'autres

La dépression n'épargne aucune catégorie, et touche des personnes issues de toutes tranches d'âge, de tous les horizons et de tous les pays. Cependant, il est important de préciser que certaines populations sont plus touchées que d'autres par cette maladie: les femmes en âge de procréer (dépressions post et pre-partum) les adolescents et jeunes adultes et les personnes âgées de plus de 60 ans sont les plus vulnérables face à la dépression. "La dépression chez cette population est courante mais souvent négligée, et n'est pas traitée. Elle est souvent associée à des affections somatiques ou à des événements pénibles comme la perte du partenaire ou celle de capacités liées à l'âge", précise l'OMS.

Le dépressif est un malade comme les autres

Une campagne d'un an, initiée en octobre dernier, se poursuit afin de délivrer des messages aptes à sortir les personnes dépressives de leur isolment. Elle se donne également pour objectif de toucher l'entourage proche des malades, "la dépression ayant des répercussions sur leurs familles", précise le professeur Abderrahmane Maaroufi. Ce dernier souligne l'importance de leur enseigner le comportement à avoir auprès d'une personne dépressive. Autre cible, les professionnels de la santé qui, eux aussi, peuvent souffrir de préjugés.

Baptisée "Dépression: Parlons-en", la campagne encourage par ailleurs les malades à s'adresser à un proche ou un professionnel pour demander de l'aide.

300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression soit une augmentation de 18% entre 2005 et 2015.

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Vaincre les clichés

L'OMS se donne aussi pour cheval de bataille de lutter contre les stigmatisations. "Pas une vraie maladie" ou "un caprice" pour certains, la stigmatisation des personnes en état de dépression peut conduire à leur marginalisation.

Autre cliché prédominant: la maladie "concerne surtout les habitants des pays développés". Archi-faux, comme l'explique au HuffPost Maroc le docteur Yves Souteyrand: "ce n'est pas du tout une maladie de pays riches, puisqu'elle touche toutes les catégories d'âges, de couches sociales et de pays".

Toujours selon ce dernier, "4,4% de la population de la région est dépressive et, au Maroc, on serait au même pourcentage donc environ 1,5 million de personnes pourraient souffrir de dépression". Une étude concluait déjà en 2006 que 26% des Marocains ont déjà, à un moment de leur vie, ressenti un épisode de déprime.

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Les personnes pensant être atteintes d'un trouble dépressif, ou qui auraient décelé des symptômes de la maladie chez un membre de leur famille, peuvent se rendre sur le site de l'OMS . Des fiches informatives expliquent les symptômes de la maladie et les démarches à suivre.

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