Libye: La solution doit être politique et globale réaffirme le ministre des Affaires étrangères tunisien Khemaies Jhinaoui

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JHINAOUI
Muhammad Hamed / Reuters
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"Parler de l’absence d’un rôle de la Tunisie en Libye n’est pas objectif", a estimé mercredi le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui, rappelant que la Tunisie est le seul voisin de la Libye à n’avoir pas fermé ses frontières avec ce pays.

Répondant aux interpellations des députés, lors de son audition à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Jhinaoui a ajouté que la Tunisie agit avec objectivité dans le dossier libyen et opte pour une solution politique globale basée sur une Libye unifiée sous un seul pouvoir sur tout le territoire. "La Tunisie a supporté, depuis 2011, la plus grande partie de ce qui s’est passé en Libye et n’a pas, contrairement à beaucoup d’autres pays, fermé son ambassade en Libye", a-t-il ajouté.

Jhinaoui a rappelé d'autre part que la Tunisie avait lancé une initiative pour résoudre la crise libyenne qui a été soutenue par l’Algérie et l’Egypte. "Les trois pays (la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte) sont unanimes, grâce à cette initiative, à écarter la solution militaire et optent pour une solution politique associant tous les protagonistes libyens sans exclusive", a fait remarquer le ministre.

En réponse à la question du député Ghazi Chaouachi sur "les raisons de l'abstention de la Tunisie de condamner la poursuite des crimes du régime syriens par le conseil des droits de l’Homme, Jhinaoui a expliqué que la Tunisie a refusé de voter jugeant déséquilibrée la résolution qui "dénonce énergiquement les crimes du régime envers le peuple syrien et ne condamne pas avec la même vigueur les crimes des autres groupes dans ce pays dont notamment les groupes terroristes".

"La résolution évoque d'autres questions, dont la création d’une commission internationale près de la Cour pénale internationale à La Haye pour enquêter sur les crimes du régime contre le peuple syrien et a pointé du doigt d'autres protagonistes, tel le Hezbollah qui fait partie du gouvernement libanais", a-t-il noté, soulignant que "la politique étrangère de la Tunisie lui interdit de s'ingérer dans les affaires des gouvernements étrangers".

Répondant à la question de la députée Soulef Ksontini sur l’union Maghrébine et la présence de la Tunisie sur le plan africain, Jhinaoui a précisé que "L'Union du Maghreb Arabe passe par une période de gel partiel que la Tunisie essaie de résoudre depuis son élection à sa tête".

Jhinaoui a annoncé à cet égard que les ministres des affaires étrangères des pays du Maghreb se réuniront le 22 avril courant à Rabat pour discuter des moyens de surmonter les problèmes auxquels fait face l’UMA. "La Tunisie abritera également une réunion des ministres maghrébins des affaires étrangères au mois de mai prochain pour examiner ces problématiques", a ajouté Jhinoaui, précisant que la Tunisie perd entre 2 et 3 points de taux de croissance à cause des problèmes de l’UMA.

Jhinaoui a reconnu, d'autre part, la faiblesse de la présence de la Tunisie dans l’Union Africaine, indiquant qu’il est inadmissible d’avoir 8 ambassades tunisiennes seulement sur un total de 54 pays africains. "Une ambassade a récemment ouvert ses portes à Burkina Faso et une autre ouvrira bientôt à Nairobi, la capitale de Kenya", a-t-il révélé.

Il a assuré que "la Tunisie veillera à reprendre sa place de leader dans le continent". "Nous avons multiplié l'envoi de délégations d’hommes d’affaires en vue de renforcer les échanges commerciaux et la coopération technique avec plusieurs pays africains", a-t-il tenu à préciser.

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