Attaques chimiques en Syrie: les réactions de la communauté internationale

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A man removes rubble at a damaged site after airstrikes in the rebel held besieged Douma neighborhood of Damascus, Syria April 4, 2017. REUTERS/Bassam Khabieh | Bassam Khabieh / Reuters
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SYRIE - Au lendemain d'un attaque chimique contre la ville de Khan Cheikhoun, fief rebelle et jihadiste du nord-ouest syrien, qui a fait selon l'observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) 72 morts, la communauté internationale condamne le régime syrien.

Tenue aujourd'hui, la Conférence de Bruxelles co-présidée par l'Union européenne, l'Allemagne, le Koweït, la Norvège, le Qatar, le Royaume-Uni et les Nations unies, a réuni des représentants ministériels de 70 délégations. La France a de son côté convoqué une réunion d'urgence du conseil de sécurité de l'ONU, qui devrait se tenir ce mercredi 5 avril.

"Des crimes de guerres continuent d'être commis en Syrie"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré dans le cadre de cette conférence que "des crimes de guerres continuent" d'être commis en Syrie", et qualifié d’"horrible" l'attaque "chimique" menée la veille dans la province d’Idleb, faisant plusieurs dizaines de morts, dont de nombreux enfants. Avec pour objectif de se pencher sur la situation en Syrie et sur l'impact de la crise sur la région, la conférence souhaite définir la position collective de la communauté internationale dans la réalisation des engagements pris lors de la conférence de Londres de février 2016.

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Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, et Federica Mogherini, Haut Représentante de l'Union européenne pour les affaires
étrangères et la politique de sécurité.

S’exprimant à l’ouverture de la Conférence internationale sur ''l'aide à apporter pour l'avenir de la Syrie et des pays de la région'', Antonio Guterres a ajouté que "ces évènements horribles montrent malheureusement que des crimes de guerre continuent (d'être commis) en Syrie et que le droit humanitaire international est violé fréquemment".




La Russie défend le régime de Bachar El Assad

La Russie a de son côté indiqué que l'aviation syrienne était bien derrière cet attaque. Cependant selon l'AFP, qui cite un communiqué le ministère russe de la Défense, Moscou réfute le scénario d'une attaque chimique, déclarant que '"l'aviation syrienne a frappé un "entrepôt terroriste" contenant des "substances toxiques"".

L'OMS (Organisation mondiale de la santé) a pour sa part confirmé la thèse d'une attaque chimique, affirmant que certaines victimes présentent des symptômes évoquant une exposition à des produits comprenant des agents neurotoxiques.

Cette thèse, ajoute-t-on, est confortée par "le manque apparent de blessures externes rapporté dans des cas montrant l'apparition rapide de symptômes comprenant une détresse respiratoire aiguë comme principale cause de la mort".


 L'OMS avertit également de la capacité limitée des hôpitaux voisins de la zone touchée, soulignant que de nombreuses installations sont endommagées par les combats.

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Une ligne rouge de nouveau franchie

Ce n'est pas la première fois que la Syrie est accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre des populations civiles. En 2013 déjà, la communauté internationale avait menacé le régime syriens d'une intervention militaire après le "massacre de Goutha" qui avait fait 1.300 morts selon l'opposition syrienne.

En 2012, le président américain Barack Obama avait qualifié une attaque chimique comme étant "la ligne rouge à ne pas dépasser" pour la Syrie et ses alliés.

Si l'administration Trump semblait ne pas épouser jusqu'alors le point de vue du précédent président américain, et alors que l'éventualité d'une intervention américaine en Syrie semblait très éloignée, les États-Unis ont annoncé qu'ils prendront des mesures unilatérales en Syrie si les Nations unies échouent "dans leur mission d'action collective", a annoncé l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley lors du Conseil de sécurité.

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