Gibraltar: Quand le Maroc se retrouve au milieu du conflit territorial entre l'Espagne et le Royaume-Uni

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GIBRALTAR
David Ciemny
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GIBRALTAR - Le Brexit prend de plus en plus des airs de divorce qui tourne mal. A peine la Première ministre britannique Theresa May a-t-elle signé le document actionnant officiellement le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) que les conflits territoriaux commencent.

Les Britanniques et les Espagnols se sont récemment lancés dans une guerre des mots autour de la souveraineté du rocher de Gibraltar.

En effet, si les Britanniques ont voté à 52% en faveur de la sortie de l'UE, sur le fameux rocher, les habitants ont eux voté à 96% contre toute sortie de l'UE. Il faut dire que Gibraltar a prospéré en partie grâce à cette Union. Une sortie de l'UE voudrait dire, selon le journal français les Echos, qui cite Donald Tusk, président du Conseil européen, qu'"aucun accord entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d'Espagne et le Royaume-Uni". Selon la même source, "Madrid pourrait donc refuser à Gibraltar (...) le droit de bénéficier du futur partenariat entre Londres et les Vingt-Sept".

Une déclaration qui met le feu aux poudres entre les deux royaumes. Les autorités espagnoles profitent de l'occasion pour proposer une double souveraineté entre l'Espagne et le Royaume-Uni pour préserver les accords liant Gibraltar à l'UE. Du côté britannique c'est nada!

Quand le Maroc se retrouve mêlé à cela

Depuis, les tabloïds anglais se déchaînent sur le gouvernement espagnol, notamment The Sun, quotidien britannique réputé pour ses positions très anti-UE. Récemment, le journal a mêlé le Maroc à ce conflit territorial, dénonçant "l'hypocrisie espagnole" vis-à-vis de Gibraltar alors que le pays contrôle deux frontières terrestres de l'Europe au Maroc, Sebta et Melilla.

Selon le journal britannique "si Madrid déclare que le refus des habitants de Ceuta et Melilla de céder l'autorité à Rabat est suffisant pour garder le contrôle, le royaume refuse d'accepter cette même situation à Gibraltar". En effet, le referendum de 2002 appelant à un retour du rocher à une gouvernance ibérique a été rejeté à 99% des voix.

Le destin de Gibraltar a souvent été mêlé à celui des enclaves de Sebta et Melilla. Selon je journal britannique The Telegraph, dans les années 80, le roi Juan Carlos aurait même déclaré aux autorités britanniques: "Si l'Espagne récupère Gibraltar, le roi Hassan II demandera immédiatement le retour de Sebta et Melilla à l'autorité de Rabat".

Une affaire à suivre...

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