"Anâaq!", le documentaire qui raconte la migration marocaine en Algérie

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Le documentaire "Anâaq" retrace la migration marocaine vers l'Algérie. | Anâaq
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MIGRATION - Le 4 avril à 18h30, le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) projette en avant-première le documentaire "Anâaq!" à la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc. Au travers d'histoires réelles, le documentaire, réalisé par Mohamed Bouzia et Kacem Achehboun et produit par Sharp Eye Media Productions, retrace la migration marocaine vers l'Algérie, une période de l'histoire de la migration marocaine très peu connue du public.

Les premières migrations marocaines vers l'Algérie commencent dans les années 1830. Les Marocains du nord (Rif) et du sud (Souss) ont marché des kilomètres à pied pour atteindre le pays voisin et s'y installer. Un départ marqué quelques décennies plus tard, en 1975, par l'exclusion de 45.000 familles marocaines de l'Algérie après la récupération du Sahara par le Maroc.

"Il y a très peu d'archives et de livres sur cette période", confie au HuffPost Maroc Mohamed Bouzia, réalisateur du documentaire. L'équipe a dû s'appuyer sur les archives que possède le Centre cinématographique Marocain. Mais le coeur de son documentaire se nourrit de nombreux témoignages. "On a trouvé des hommes et des femmes en Algérie qui nous ont raconté leurs histoires. Ce sont des témoignages inédits. On a même rencontré Mohammed Dirari, un homme âgé de 100 ans, malheureusement décédé peu après avoir recueilli ses impressions".

Le film réunit sept témoignages. Parmi eux, celui de Mohammed Dirari. Ce Marocain a émigré en Algérie dans les années 30 où il a travaillé dans une ferme agricole tenue par des colons. Quelques années plus tard, il s'engage au sein des troupes de Franco pour la guerre civile d'Espagne, avant de retourner en Algérie avec son père. En 1979, il quitte le pays pour continuer sa migration vers l'Europe. Il est considéré comme le Marocain le plus âgé de la ville de Harlem au Pays-Bas. Pour des questions d'autorisations, le documentaire n'a pas été tourné en Algérie, mais au Maroc, dans le Rif et le Souss.

La deuxième partie du documentaire est consacrée à la migration européenne. "Cette partie est un peu plus courte que la migration vers l'Algérie. Elle est importante mais il y a déjà eu beaucoup de livres consacrés à ce sujet. Il était important pour nous de raconter les débuts de la migration marocaine", précise Mohamed Bouzia.

Le documentaire, qui dure 64 minutes, sera diffusé en amazigh et traduit en arabe. L'équipe de production sera présente pour l'avant-première et ouvrira un débat à l'issue de la projection. "Le documentaire a été diffusé pour la première fois à Amsterdam le 25 mars, où il a rencontré un grand succès. Des projections sont prévues dans d'autres villes du Maroc, suivies par l'Europe, car beaucoup de gens ont envie de connaître cette histoire."

Avant la projection, le CCME proposera une exposition et la découverte d'un livre, "Histoire des Marocains aux Pays-Bas: présence et mémoire", en compagnie du photographe néerlandais Robert de Hartogh.

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