A Alger, on bloque les passages piétons dans l'espoir que les Algériens "votent en force"

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Facebook/Ramzi Boudina
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Les autorités font le forcing. Littéralement. Les visages souriants de non-Algériens incitant les Algériens à "faire entendre leurs voix" ne suffisent plus. Les dérives des politiques non plus. Ni celle de Abdelkader Zoukh qui qualifie les abstentionnistes de "حرايمية" (voyous) ou Amara Benyounès qui veut rendre le vote obligatoire. Des pouvoirs publics enfreignent désormais la loi et tendent "des embuscades" aux Algérois.

A quelques jours du lancement de la campagne électorale des législatives du 4 mai prochain, certaines Assemblées populaires communales (APC) adoptent des pratiques bien curieuses pour inciter les Algériens à voter. Il ne s'agit pas non plus du "chantage" déjà exercé par une commune de Djelfa.

A Alger, les autorités, wilayales ou communales, n'ont pas trouvé mieux que de bloquer certains passages urbains aux citoyens pour les "encourager" à aller voter.

Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des panneaux d'affichages installés en plein milieu des ... passages piétons, à la rue Khalifa Boukhalfa (ex-Clauzel), à Alger-Centre. Les citoyens se retrouvaient ainsi obligés de contourner ces affiches sur plusieurs mètres ou se courber pour monter sur le trottoir. La situation a vraisemblablement lassé les passants, qui ont décidé de changer la position des plaques.

Les autorités ne se sont pas arrêtées à ce stade. A peine trois jours plus tard, elles récidivent dans un autre quartier de la capitale en fixant, à même le sol cette fois-ci, ces panneaux en bas des escaliers, bloquant ainsi le passage aux piétons.

Les images n'ont pas laissé les internautes indifférents. Sur Twitter, certains ont préféré ironisé, qualifiant les autorités de "#قطاع_الطرق", (littéralement, ceux qui barrent la route).

Une effraction à la loi ?

D'autres internautes ont quant à eux fait remarquer que cette pratique est une effraction à la loi n° 2001-14, , datant du 19 août 2001 et relative à l'organisation, la sécurité et la police de la circulation routière et modifiée par la loi relative à l'organisation, à la sécurité et la police de la circulation routière du 16 février 2017.

Selon l'article 34 de la section 2, "est interdite toute utilisation des trottoirs à des fins entravant la circulation piétonne".

Dans le même article 35, il est stipulé que les piétons doivent traverser la route en ligne droite. Un exercice que les habitués de la rue Khelifa Boukhalfa ne pouvaient visiblement pas faire sans se taper la tête sur ces plaques ...

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