RSF critique sévèrement la charte de Grine pour les législatives et dénonce une volonté de "bâillonner" les journalistes

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HAMID GRINE
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L'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a sévèrement critiqué, dans un communiqué publié lundi 3 avril, la charte publiée par le ministre de la Communication Hamid Grine et destinée à régir une couverture "éthique" des élections législatives du 4 mai.

"RSF dénonce vigoureusement la publication d’une charte censée régir une couverture “éthique et équitable” de la campagne des élections législatives en Algérie du 4 mai prochain", a affirmé l'ONG de défense de la liberté de la presse dans son communiqué.

M. Grine a adressé mardi 28 mars une "charte" à l'ensemble des médias algériens, leur demandant notamment de ne pas donner la parole à "ceux qui appellent au boycott" des législatives du mois prochain. Une circulaire a également été adressée aux chaines de télévision privées.

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"Le gouvernement algérien, au nom d’une soit-disante éthique, cherche en fait à bâillonner les journalistes à la veille des prochaines élections", a affirmé Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. Elle dénonce aussi "l'aberration" de publier une charte restrictive pour la liberté de la presse sans consulter ni les médias ni la société civile.

RSF a qualifié les deux documents d'"iniques", de "choquants" et a dénoncé leur ton "paternaliste et inapproprié".

L'organisation a aussi énuméré dans son communiqué les manquements à l'éthique journalistique contenues dans les documents publiés par le ministère de la Communication, dont l'interdiction de "donner la parole aux personnes qui appellent au boycott" et l'interdiction de "diffuser des débats et déclarations politiques, susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique et à l’Etat".

La disposition la plus grave, selon RSF, reste celle contenue dans l'article 7 de la circulaire adressée aux responsables des télévisions privées. Elle leur instruit de proscrire "toute offense, toute parole outrageante , injurieuse ou diffamatoire à l'encontre de la personne du président de la République et/ou de l'institution représentée par le président de la République".

"Nous exhortons le gouvernement algérien à ne pas entraver le travail de la presse et appelons les autorités à respecter leurs propres engagements, pris au niveau national et international", a expliqué Mme. Dangles.

L'Algérie, 129e au classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2016, a ratifié depuis 1989 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui protège dans son article 19 la liberté d’expression, rappelle enfin le communiqué.

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