Gouvernement: Vers un nouveau blocage?

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POLITIQUE - Promise pour la fin de semaine dernière, l’annonce du nouvel organigramme gouvernemental n’a pas été faite. Ce report montre à quel point les relations entre les six partis de la coalition ne sont pas aussi paisibles que Saad Eddine El Othmani veut bien le faire croire à l’opinion publique. N’avait-il pas lui même affirmé à l’issue de la réunion du secrétariat général du PJD, tenue mercredi dernier, que si la nouvelle majorité parvient à un consensus sur la structure du prochain gouvernement, l’étape de la répartition des portefeuilles ne sera pas difficile?

Rejet de Mustapha Ramid

Avérées ou non, de nombreuses rumeurs évoquent un manque de consensus au sein de la coalition. Les nouveaux alliés d’El Othmani auraient ainsi imposé leur veto à la reconduction de Mustapha Ramid au ministère de la Justice et des libertés. Contactés par le HuffPost Maroc, des membres du PJD n’ont ni confirmé, ni infirmé cette rumeur.

Mohamed Amrani Boukhobza, professeur de sciences politique à l'Université Abdelmalek Saâdi de Tanger, estime que les dernières sorties médiatiques de Ramid pourraient lui coûter son poste. "La formule 'je ne serai pas le Ben Arafa du PJD' et l’absence de Ramid aux côtés du ministre de l’Intérieur lors de l’annonce des résultats du scrutin du 7 octobre en sont des exemples", précise t-il. Toutefois, le portefeuille qui aurait été proposé à Mustapha Ramid n’est pas des moindres. "En lui confiant la mission de secrétaire d’État chargé des droits de l’homme, le Maroc renforcerait sa défense au moment de la présentation de rapports hostiles à la situation des droits de l’homme", affirme-t-il.

Hakkaoui au pied du mur

Le maintien de Bassima Hakkaoui s’est, semble-t-il, heurté aux réticences des autres partis. Driss Lachgar, secrétaire général de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), a clairement affirmé lors d’une réunion tenue samedi dernier à Bouznika, que l’USFP a décroché 4 portefeuilles dont celui de la Famille.

Ces déclarations de Lachgar soulèvent en tout cas l’absence de consensus sur la démarche adoptée pour la formation du prochain gouvernement. Elles remettent surtout en doute les propos de Saad Eddine El Othmani, qui avait indiqué que la répartition des portefeuilles ne se fera qu’après avoir établi le nouvel organigramme du gouvernement. Des membres du PJD ont d’ailleurs reproché à Lachgar d’empiéter sur les prérogatives du chef de gouvernement. D’autant que le dernier mot revient au roi. L’article 47 de la Constitution précise en effet que la nomination du gouvernement est du seul ressort du roi.

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