Les vaisseaux spatiaux des films de science-fiction pourraient-ils vraiment voler?

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ESPACE - Qui n'a jamais rêvé de remplacer Han Solo aux commandes du Faucon Millenium de "Star Wars"? Mais si les vaisseaux spatiaux des films de science-fiction font rêver, sont-ils un minimum réalistes? C'est la question que s'est posé un utilisateur de Quora il y a quelques jours.

Ce vendredi 31 mars, près d'une vingtaine de personnes se sont prêtées au jeu pour analyser les vaisseaux de "Star Wars", les "Gardiens de la galaxie", "Star Trek" ou "2001, L'odyssée de l'espace". Parmi ces réponses, des analyses venues de fans d'espace, d'écrivains de science-fiction et même d'astrophysiciens.

Griffin Jourda, passionné d'espace et très actif sur le réseau social de question-réponse, estime ainsi que le Tie Interceptor de "Star Wars", le petit chasseur utilisé par les stormtroopers de l'Empire, a un problème fondamental. En effet, il fonctionne avec un moteur ionique. Si celui-ci est très intéressant pour envoyer des sondes loin dans l'espace, car il ne demande pas une grande réserve de carburant, il y a un petit soucis: l'accélération est extrêmement faible.

Ainsi, ce genre de vaisseau ne pourrait pas se balader dans l'atmosphère, comme dans les récents "Star Wars", ou même effectuer des manœuvres improbables dans l'espace, affirme Griffin Jourda.

Joseph Reinemann, auteur de nouvelles de science-fiction, est tout à fait d'accord. Mais donne tout de même un bon point au petit intercepteur de "Star Wars": "il est l'un des seuls à avoir un dissipateur", nécessaire pour évacuer la chaleur engendrée par le moteur.

L'auteur donne également son avis sur trois autres vaisseaux. Le Faucon Millenium, par exemple, "pourrait bien fonctionner dans l'espace, mais pas avec une atmosphère". Le design, pas vraiment aérodynamique, poserait des problèmes lors de l'entrée dans l'atmosphère, avec un gros dégagement de chaleur. Par contre, dans l'espace, "son gros moteur placé à l'arrière, en ligne avec le centre de gravité" est bien imaginé. De plus, son design permettrait de bien dissiper la chaleur dans l'espace.

A l'inverse, le moteur de l'Entreprise de "Star Trek" n'est pas bien placé en ligne, ce qui pourrait causer des soucis. En dehors de cela (et du mode de propulsion, totalement inimaginable selon nos connaissances actuelles) il y a de bonnes idées. Par exemple, la séparation entre le lieu de vie de l'équipage et le moteur, source de radiation. Ou encore le grand réservoir nécessaire pour le carburant et un système de dissipation thermique efficace.

Mais Bruno Coutinho, chercheur en physique, estime lui que le fait de connecter le moteur et le reste du vaisseau par de petits tubes est une mauvaise idée: la pression les ferait certainement casser. "Même en imaginant un matériau futuriste magique, il n'y a aucune chance que cela fonctionne", affirme-t-il.

Enfin, le vaisseau des "Gardiens de la galaxie", Milano, est, pour Joseph Reinemann, "plus adapté à l'atmosphère qu'à l'espace". Notamment car "tous ces angles et lignes" dans son design ne sont pas spécialement adaptés pour résister à la pression.

Ainsi, sur un tel vaisseau, le métal fatiguerait assez rapidement. De manière générale, note-t-il, il vaut par exemple mieux placer des fenêtres rondes plutôt que carrées dans un vaisseau spatial.

Kubrick, maître du réalisme

Parmi tous les exemples cités, le film qui s'en sort le mieux est "2001, l'Odyssée de l'espace". John McCarthy, chercheur en astrophysique, explique comment Discovery One, le vaisseau où se situe l'action, est bien pensé dans l'idée de rejoindre Jupiter.

Le moteur, nucléaire, est situé à l'arrière. Un choix logique, "car il vous donne une forte poussée et une forte efficacité". Mais comme un tel réacteur est radioactif, il est donc logique d'avoir mis l'équipage à l'autre bout du vaisseau, à l'avant.

Mieux: cette zone, sphérique, "maximise le volume pressurisé avec un minimum de poids". De plus, dans cette boule, l'habitat tourne sur lui-même, ce qui permet à l'équipage de ne pas être toujours en apesanteur. Pourquoi est-ce si nécessaire? Car on le sait, notamment grâce aux séjours longue durée d'astronautes dans l'ISS, être en apesanteur trop longtemps peut avoir un effet néfaste sur le corps humain, notamment sur les muscles.

Comme le rappelle Jim Mowreader, il n'est pas illogique que le film de Stanley Kubrick soit si réaliste, étant donné que le réalisateur et l'auteur du livre éponyme, Arthur C. Clarke, ont fait appel à un ancien membre de la Nasa pour les conseiller.

Evidemment, et la plupart des intervenants sont d'accord là dessus, toutes ces analyses ne fonctionnent qu'avec les règles élémentaires de physiques qui sont actuellement à notre portée. Si un jour, des découvertes scientifiques permettent à notre civilisation de créer des champs de force, de maîtriser la gravité ou de voyager via des trous de ver, l'idée même d'un design efficace n'aurait plus trop d'intérêt.

Vu qu'une technologie de ce type est souvent présente dans les films de science-fiction très futuriste, il n'est pas illogique que les ingénieurs se fassent plaisir sur le design de leurs beaux vaisseaux.

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