L'Espagne aura son mot à dire sur Gibraltar après le Brexit

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GIBRALTAR
View of the Rock of Gibraltar as seen from the Sierra Carbonera Mountains of Cadiz, Spain. The Spanish border town of La Línea de la Concepción can be seen in the foreground. On the horizon can be seen the Rif Mountains of Morocco and the coastline of North Africa. | Oliver J Davis Photography via Getty Images
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L'Espagne devra donner son feu vert pour que tout accord intervenant entre l'UE et le Royaume-Uni après le Brexit puisse s'appliquer au territoire de Gibraltar, selon un projet d'"orientations de négociation" des 27 publié vendredi.

Après le Brexit, "aucun accord entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d'Espagne et le Royaume-Uni", est-il écrit dans ce texte présenté vendredi à La Valette par le président du Conseil européen Donald Tusk.

Les dirigeants des 27 pays restant dans l'UE devront adopter ces "orientations", éventuellement amendées, lors d'un sommet européen le 29 avril à Bruxelles.

"C'est une décision qui nous satisfait", a réagi le porte-parole du gouvernement espagnol, Iñigo Méndez de Vigo, à l'issue du conseil des ministres hebdomadaire. Pour lui, l'Union a reconnu "la situation juridique et politique qu'a défendue l'Espagne", sans donner davantage de détails.

Un haut responsable européen a pour sa part déclaré à l'AFP que Gibraltar n'était pas le seul dossier lié à des conflits de juridiction ou impliquant une souveraineté partagée, évoquant par exemple la frontière nord-irlandaise ou encore des bases à Chypre. Il a ajouté que l'Union européenne cherche naturellement à défendre les droits des 27 membres restant, dans l'Union.

Gibraltar a été cédée par l'Espagne à la Grande-Bretagne en 1713 et l'enclave britannique, qui compte 32.000 habitants sur 7 km2, se retrouvera exclue de l'Union quand le départ du Royaume-Uni sera effectif.

52% des Britanniques s'étaient prononcés en faveur d'une sortie de l'UE après le référendum de juin 2016, mais 96% des électeurs de Gibraltar avaient voté pour rester dans le giron européen.

Madrid a formellement proposé en octobre au Royaume-Uni une souveraineté partagée qui "permettrait à Gibraltar de rester dans l'Union européenne" après la sortie des Britanniques. Cette offre avait déjà été soumise à référendum en 2002 et rejetée.

Gibraltar dépend de l'Espagne pour son approvisionnement. Sa florissante économie spécialisée dans les services financiers et les jeux en ligne profite aussi à l'Espagne, en employant quelque 10.000 travailleurs frontaliers.

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