La calligraphie, cet art menacé d'oubli renaît à la médina de Tunis avec Abdessalem Béjaoui

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CALLIGRAPHIE
Dar El Harka/Facebook
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Il n'est jamais trop tard pour apprendre, c'est ce qu'on peut dire de l'histoire d'Abdessalem Béjaoui, président de l'association de la calligraphie en Tunisie. HuffPost Tunisie est allé à sa rencontre pour découvrir son univers et sa passion pour la calligraphie. Son parcours dénote d'une réelle leçon de la vie où l'apprentissage et l'endurance sont les maîtres-mots.

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Qui a dit que la vie stagne après la retraite?

Si Abdessalem n'a pas appris cet art à son bas âge comme le pensent certains, mais après avoir eu sa retraite. Ce dernier, retraité de la police, a décidé, un jour, de faire une formation en calligraphie. "C'était un choix arbitraire", explique-t-il.
"Après une formation de quatre ans au centre national de la calligraphie, j'ai découvert ma passion envers cet art". Fasciné par la beauté, la complexité et la finesse de cet art qui se perd d'une génération à une autre, il a mis tout son temps à apprendre les différentes techniques et styles d'écritures.

D'un simple défi à une passion, à une cause
Deux ans après avoir eu sa formation, Si Abdessalem avec quelques amis partageant la même passion, ont lancé, en 2011, leur association "l'Association Tunisienne des arts calligraphiques" (ATAC). "Nous voulons, à travers notre association, faire revivre cet art", a-t-il indiqué. Une mission qui s'avère difficile notamment avec l'apparition de nouvelles technologies.

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L'ATAC, tout un message

Le défi de l'ATAC est de faire renaître le métier de calligraphe, a souligné Si Abdessalem. "Le calligraphe n'est pas encore reconnu en tant que métier en Tunisie. C'est encore au stade d'une simple passion", a-t-il expliqué.
L'association se penche actuellement à mettre en place une licence, un diplôme reconnu à l'égard de ce métier. "C'est l'un de nos principaux objectifs", a-t-il martelé.

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Cette association projette, également, à la diffusion de la culture de l'ornement et l'art de former les caractères en se concentrant principalement sur le style "kairouani" et "maghrébin", c'est ce qu'a annoncé Si Abdessalem. "Ces deux styles retracent nos racines," a-t-il lancé.
D'autre part, l'association s'est remis à moderniser l'image du calligraphe. "Nous oeuvrons pour une nouvelle image du calligraphe loin des clichés.Il doit être cultivé et ouvert d'esprit", a-t-il expliqué.

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L'ATAC a choisi également d'évoquer de nouvelles thématiques de la calligraphie. "Nous sommes sortis des textes coraniques pour toucher d'autres aspects comme la poésie", a ajouté Si Abdessalem en précisant que son association "traduit l'expressivité de la beauté et des valeurs humaines dans les tracés."

L'association envisage, d'autre part, la création d’une bibliothèque des arts calligraphiques pour archiver les documents et l’historique de la calligraphie et des calligraphes, répertorier les différentes écoles de calligraphie, classifier les organisations, les associations, les publications les livres et les cahiers qui s’intéressent à la calligraphie ainsi que les techniques d’utilisation et de conception des outils d’écriture (crayon, encre et papier).

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Des cycles de formations et des clubs dédiés à la calligraphie

L'ATAC organise des programmes de formation pour développer les compétences et faciliter l'accès aux nouveautés de la calligraphie. "Des ateliers hebdomadaires sont programmés à Dar El Harka et à la maison culturelle Ibn Rachiq," a annoncé Si Abdessalem en ajoutant que son association a également participé à différentes foires internationales notamment en France, au Sénégal et Algérie.

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