Gouvernement: L'entrée de l'USFP met à mal l'entente parfaite au sein du PJD

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BENKIRANE
Abdelilah Benkirane, secretary-general of Morocco's Islamist Justice and Development Party (PJD) speaks during a new conference at the party's headquarters in Rabat, Morocco early October 8, 2016. REUTERS/Youssef Boudlal/File Photo TPX IMAGES OF THE DAY | Youssef Boudlal / Reuters
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PARTI - Les instances du Parti de la justice et du développement (PJD) ont beau vouloir donner l'image d'une parfaite entente, notamment à travers des communiqués soutenant le nouveau chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, l'harmonie est loin d'être au rendez-vous. Si la pilule de la mise à l’écart de Abdelilah Benkirane est belle et bien avalée, l’entrée de l’USFP au gouvernement ne fait toujours pas l’unanimité dans les rangs du parti de la lampe.

Fidèle à lui-même, Abdelilah Benkirane s’est confié à cœur ouvert sur les réactions suscitées par l’approche adoptée par son successeur pour sortir de l’impasse, lors des travaux de la commission chargée de la sélection des ministrables du PJD, tenue samedi dernier et présidée par Benkirane. Selon ce dernier, certains membres du secrétariat général du parti ont du mal à accepter la nouvelle ligne du parti. "Ils sont un ou deux membres à avoir refusé l’élargissement des consultations aux partis de l’opposition", a t-il déclaré. En réalité, le nombre des opposants à l’entrée de l’USFP au gouvernement est bien plus élevé. Contactés par le HuffPost Maroc, 5 membres du PJD ont fortement critiqué ce revirement de position, estimant que l'entrée de l'USFP fragilisera la majorité. Faute d'alternative, ils se sont pliés à la décision de l'état-major du parti. Le PJD avait pourtant le choix de basculer dans l'opposition, comme l'avait déjà affirmé à Benkirane l'istiqlalien M’hamed El Khalifa.

Reste que Benkirane dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. D’ailleurs, il n’a pas pu se maîtriser devant les membres du secrétariat du parti, préférant quitter la réunion. "Ne m’imposez pas de rester, je pars pour des raisons que vous connaissez", allusion faite à son refus catégorique exprimé en tant que chef du gouvernement sur l’alliance avec l’USFP. Officiellement, Abdelilah Benkirane explique sa décision de se retirer de la réunion pour laisser le terrain libre à Saad Eddine El Othmani, afin qu’il puisse jouer son rôle de chef du gouvernement.

Il se veut à ce titre rassurant, déclarant qu’il soutiendra son parti jusqu’au bout. Benkirane s’accroche surtout à son statut de secrétaire général du parti, du moins jusqu’au prochain congrès prévu courant 2017. Mais il risque fort de ne pas rempiler pour un troisième mandat, puisque les statuts du parti n’en prévoit que deux. D’autant que le nouveau chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, également président du conseil national du parti, s'est déjà opposé à cette éventualité.

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