Trois questions à Aïcha Gorgi, galeriste qui expose l'art tunisien à l'Art Fair Paris 2017

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Facebook/Aicha Gorgi
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Les artistes tunisiens Slimen El Kamel, Rym Karoui, Hela Lamine ou Aïcha Snoussi exposés au Grand Palais en France. C'est à travers la participation de la Galerie Gorgi à Art Paris Art Fair 2017, que pareille démonstration de l'art tunisien à l'international a été possible.

L'événement qui se tient du 29 mars au 2 avril a pour vocation de mettre en valeur les expressions artistiques d'Europe mais aussi celles d'autres régions mises en avant. C'est le cas de l'Afrique cette année, ce continent dont Art Fair Paris met à l'honneur l'art et les artistes.

A ce sujet, Aïcha Gorgi, galeriste tunisienne, répond aux questions du HuffPost Tunisie.

HuffPost Tunisie: Pourquoi la participation tunisienne à Art Fair Paris n'est-elle pas plus importante?

Aïcha Gorgi: Le process de la participation est long et coûteux. C'est un concours qui permet, à la fin, de prendre part à l'événement. Nous sommes deux galeries tunisiennes présentes pour l'édition 2017, la Galerie Gorgi et la Galerie La Marsa. Je déplore, dans ce contexte, la non-implication du ministère des Affaires culturelles. Aucun coup de pouce officiel donné, alors que dans des pays comme le Maroc, la participation à des événements de cette envergure est subventionnée.

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Quelle particularité a cette participation pour vous?

J'ai participé auparavant à de nombreuses expositions internationales. J'ai le courage de montrer notre art moderne parce que j'ai confiance en la qualité de ce que j'expose. J'estime qu'il est important de prendre ce risque, de voir ce que nous valons sur la scène internationale. Nous devons cesser de nous auto-congratuler et risquer une évaluation ailleurs. Sont exposés, dans cette édition, de jeunes artistes tunisiens de talent et ce qu'ils font plait et est à la hauteur d'une scène artistique internationale pas uniquement tunisienne.

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Et cette édition de l'Art Paris, quel regard portez-vous dessus?

C'est une édition qui met à l'honneur l'Afrique. Notre présence s'inscrit dans ce cadre et c'est un prisme très intéressant. Nous avons un peu trop pris l'habitude de regarder vers le nord, vers l'Occident alors qu'au sein de notre continent, il existe tant de richesses à partager. Ce que les politiciens n'ont pas réussi à faire, c'est la culture qui le peut. La culture nous unit et instaure entre nous un dialogue. Elle permet de jouer un rôle dans la perception qu'a le monde de nous. Cela pourrait s'envisager comme une manière d'attirer le tourisme en montrant ce qui se passe de bien chez nous.

Sur le stand, alors que nous étions en pleine installation, deux jeunes techniciens en uniforme nous ont entendu parler en dialecte tunisien et sont venus vers nous. Ils avaient les larmes aux yeux car ils étaient fiers de voir leur pays, la Tunisie, représenté dans ce prestigieux Grand Palais. Leur émotion m'a touchée et, à mon sens, c'est ce sentiment de fierté qui est à reconquérir, par l'art notamment.

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