Nouvel accident de train à Sidi Rezig : Faut-il un autre drame pour prendre au sérieux le problème du réseau ferroviaire tunisien?

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TRAIN ACCIDENT
Indian officials and bystanders gather alongside derailed train carriages at Rura, some 30 kms west of Kanpur on December 28, 2016, following a train crash in the northern Indian state of Uttar Pradesh. At least two people died and 28 were injured after a train derailed in north India, close to the site of a previous rail accident that killed 146. / AFP / Sanjay KANOJIA (Photo credit should read SANJAY KANOJIA/AFP/Getty Images) | SANJAY KANOJIA via Getty Images
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Encore une fois. Après le grave accident de Jbel Jloud en décembre dernier, la Tunisie a connu ce mercredi 29 mars 2017 un nouveau drame à Sidi Rezig, à la banlieue sud de Tunis. Deux trains se sont percutés vers 6h de matin. Selon un agent de la SNCFT, un train de passagers en provenance de la banlieue sud a heurté, par derrière, un autre train de marchandises qui était en arrêt.

Plusieurs blessés

Plus de 28 blessés ont été déplorés dont 14 personnes ont été transportées à l’hôpital des grands brûlés de Ben Arous.

Intervenant sur les ondes de Mosaïque Fm, Henda Chebbi, docteur auprès de la salle d'opération de la santé centrale au ministère de la Santé, a fait savoir que la plupart des blessés évacués ont quitté les hôpitaux après avoir reçu les soins nécessaires.

Selon le directeur de l'hôpital des grands brûlés de Ben Arous, Nabil Karkabou, seulement 4 cas sont toujours hospitalisés dans l’attente des résultats de certains examens médicaux.

De son côté, la société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a affirmé, dans un communiqué rendu public qu'aucune perte humaine n’a été enregistrée en ajoutant que les 25 blessés ont quitté les hôpitaux de Ben Arous, Habib Thameur et Charles Nicolle après avoir bénéficié de tous les examens nécessaires.

Une commission d’enquête dépêchée sur les lieux pour déterminer les causes de l'accident

Dans son communiqué, la SNCFT a annoncé la mise en place d’une commission chargée d’enquêter sur les causes de cet accident. La commission sera chargée d’identifier les causes de l’accident et de déterminer les responsabilités, précise le communiqué, ajoutant que la trafic ferroviaire a repris.

Quatre accidents ferroviaires en moins d'un mois

Malheureusement, il ne s’agit pas du premier accident de train au cours de ce mois de mars. La SNCFT a annoncé, dimanche dernier, qu'un accident de voiture a eu lieu au niveau du point de passage entre les stations de Jbel jloud et Bir Kassaâ. Des dégâts matériels ont été enregistrés.

Le 24 mars courant, deux jeunes ont perdu la vie en se faisant percuter par un train à Kalaa Kebira (Sousse). Les deux élèves, âgés de 20 et 17 ans, voulaient se prendre en selfie sur les rails quand le train est arrivé. Ils sont morts sur le coup.

Un autre train a déraillé, le 17 mars courant, au niveau de la gare de Borj Cédria sans faire de dégâts.

Le réseau ferroviaire en quelques chiffres

Selon la SNCFT, près de 32 millions de voyageurs prennent le train chaque année en Tunisie, ce mode de transport supposé être un des plus sûr et des plus écologiques, révèle Direct Info.

D’après les statistiques de l’Association tunisienne de prévention des accidents de la route, 97 accidents causés directement par des trains, à travers toute la République, ont été recensés durant l’année 2014. L’ensemble de ces accidents ont causé la mort de 31 personnes et blessé plus de 100 personnes.

Selon une enquête réalisée, récemment, par le journal ” le Maghreb “, les accidents de train ont causé la mort de 59 personnes et blessés 180 personnes, en 2015, dans 3 accidents survenus entre le 16 juin et 16 juillet 2015.

“La moyenne des accidents de train en Tunisie, est estimée à 100 accidents par an, dont 50% sont causés par l’absence de barrières et de mesures de sécurité au niveau des intersections”, révèle la même enquête.

L'émission hebdomadaire "El Hak Maâk" du 9 février 2017 a réalisé une enquête dans laquelle elle met en lumière les difficultés et les dépassements touchant le réseau ferroviaire en Tunisie.

L'émission dévoile que l’infrastructure ferroviaire dont notamment l’absence de barrières et de signalisations sont les principales causes de ces accidents mortels.

Selon "El Hak Maâk", le manque d'entretien est flagrant. Certains trains datent de l'époque de colonisation française et d'autres qui circulent sur des rails cassés.

D’après l’enquête du journal “le Maghreb”, la SNCFT a équipé de barrières seulement 250 intersections sur un total de 1126 intersections officielles. La société reconnait qu’il existe 1200 intersections anarchiques aménagées par des citoyens riverains des chemins de fer.

Les mesures prises par le ministère du Transport

Au lendemain de l’accident de Jbel Jloud, le ministère du Transport a pris une batterie de mesures. Parmi ces mesures figurent la réalisation d’un inventaire et d’un diagnostic à propos de la validité des équipements des passages à niveau, la mise en place d’un agent de sécurité en permanence au niveau de tous les croisements dangereux et non équipés dans les zones urbaines.

Le ministère a, par ailleurs, limogé la PDG de la SNCFT, Sabiha Derbel, ainsi que plusieurs cadres de la société, et a nommé Sarra Rejeb à la tête de ladite société.

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