Tensions à Al Hoceima: le ministre de l'Intérieur rappelle le gouverneur de la province

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AL HOCEIMA MAROC
Tensions à Al Hoceima: le ministre de l'Intérieur rappelle le gouverneur de la province | Louis Witter / Hans Lucas
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RÉGION - Le vent de révolte qui souffle sur Al Hoceima depuis la mort du marchand de poisson Mouhcine Fikri, il y a cinq mois, a poussé le ministère de l'Intérieur à réagir.

Mardi 28 mars, le ministre Mohamed Hassad a rappelé le gouverneur de la province, Mohamed Zhar. C'est l'inspecteur général du ministère, Mohamed Faouzi, qui est chargé de la gestion des affaires de la province dans l'attente de la nomination par le roi d’un nouveau gouverneur lors du prochain conseil des ministres.

Développer la région

Mohamed Hassad, qui intervenait au siège de la province d'Al Hoceima lors d'une réunion consacrée aux derniers événements qui ont secoué la région, a également exhorté "l'ensemble des responsables, des instances élues et des acteurs de la société civile à adhérer à la mobilisation collective pour le développement de la province d'Al Hoceima", afin de "répondre aux attentes des habitants" qui doivent eux aussi "assumer la responsabilité de son développement".

La mort de Mouhcine Fikri, broyé dans une benne à ordures le 28 octobre dernier après s'être fait confisquer sa marchandise, avait entraîné plusieurs sit-in et manifestations.

Une vague de protestation qui a récemment dégénéré, provoquant des heurts entre forces de l'ordre et manifestants. Dimanche 26 mars, un groupe d'individus de retour d’une manifestation a incendié et attaqué à coups de pierres une résidence réservée à la police nationale à Imzouren, près d'Al Hoceima. Quatorze personnes ont été arrêtées.

Début février, des affrontements ont éclaté entre des manifestants et des forces de l'ordre dans une commune de la ville du Rif, et près d'une trentaine de policiers ont été blessés.

"La mobilisation a porté ses fruits"

Sur les réseaux sociaux, la nouvelle du remplacement du gouverneur de la province a été bien accueillie par Nasser Zafzafi, le leader du mouvement de contestation né après la mort du vendeur de poisson. Sur sa page Facebook, qui compte plus de 20.000 abonnés, l'homme qui a conduit plusieurs manifestations ces derniers mois a salué le rappel du haut responsable, estimant que la mobilisation populaire avait "porté ses fruits".

Au-delà de la mort du jeune poissonnier, les habitants du Rif, région traditionnellement rebelle, se sont largement mobilisés contre le sentiment d'injustice et d'oppression ("hogra"). Ils réclament davantage de justice sociale, d'emplois - notamment pour les jeunes - et de meilleures infrastructures éducatives et de santé.

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