Régionalisation: Une mise en œuvre défaillante

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RÉGIONS - La régionalisation avancée n'existe que sur le papier. C'est en tout cas ce qui se dégage de l'intervention du vice-président des régions du Maroc (ARM), qui s'exprimait à l'occasion du colloque organisé par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ce mardi 28 mars à Rabat. Abdessamad Sekkal n'y va pas par quatre chemins: "les régions n'exercent toujours pas leurs prérogatives". En cause: la lenteur enregistrée en matière de transfert réel des prérogatives aux régions.

Mauvais timing

Le vice-président de l'ARM critique aussi le timing choisi pour implémenter la régionalisation avancée. "En pleine période électorale, les régions se sont lancées dans l'élaboration de leur programme de développement (PDR). Ce qui rend impossible que ces feuilles de route soient respectées", prévient Sekkal. D'autant que ces programmes restent dispersés en l'absence d'une vision commune. En effet, "chaque région y va à sa manière, ce qui ne garantit pas la convergence entre les plans d'action adoptés", déplore-t-il.

Ce manque de synergies caractérise aussi les relations entre le pouvoir central et les acteurs locaux. Selon Sekkal, il ne suffit plus de brandir la carte de la déconcentration, encore faut-il veiller à répartir les rôles entre l'État, les régions et les villes. Sur le terrain, "le pouvoir est tellement dispersé entre les différentes entités sans avoir un seul acteur pour coordonner les actions". Il en résulte un chevauchement de compétences entre pouvoir central, communes et régions.

Revendications

Mohamed Yassine Daoudi, vice-président de l'association marocaine des présidents des conseils communaux, voit les choses du même œil. Pour lui, les acteurs locaux (communes et régions) ne doivent pas se disputer les compétences. "C'est aux régions d'aller vers les communes pour écouter leurs besoins", dit-il.

Les attentes des collectivités territoriales sont grandes. Yassine Daoudi a surtout revendiqué la revalorisation du budget alloué aux communes. Pour lui, l'enveloppe consacrée à ces structures doit être relevée à 20% du budget général, contre 10% actuellement. La mise à niveau de la fiscalité locale est également attendue. L'idée est de diversifier les recettes de ces collectivités. Actuellement, plus de 70% des taxes locales gérées par les communes proviennent de l'impôt sur les terrains urbains non bâtis et les taxes liées aux autorisations de construire ou de lotir.

Au-delà des recettes, les communes manquent aussi de ressources humaines. À elle seule, "la formation continue ne permet pas de renforcer les capacités des communes", estime Saoudi. Pour lui, la formation initiale est cruciale pour améliorer la gouvernance locale. Et en attendant la mise en place d'une fonction publique territoriale capable d'attirer des profils pointus, les acteurs locaux continueront à prendre leur mal en patience.

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