L'année du 400ème anniversaire du décès de Cervantès a été faste pour l'Institut Cervantès d'Alger

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L’année du 400ème anniversaire de la mort du grand écrivain espagnol Miguel de Cervantès, algérois malgré lui pendant quelques années, a été très active pour l’ l'Institut Cervantès d'Alger. Une année faste avec un programme si chargé que des activités prévus ont dû être reportées.

"Outre le bilan très positif dont nous sommes très fiers, nous avons réussi à attirer un très large public algérien et à l'intéresser à cet auteur en particulier et à la culture hispanique en général. C'est un objectif très important pour nous", confie Raquel Romero Guillemas, directrice de l'institut Cervantès d'Alger.

mme raquel roméro

Mme Romero qui boucle sa 6ème année à la tête de l’Institut a eu le plaisir de pouvoir "placer Cervantès dans l'Histoire d'Alger". L'auteur qui avait passé cinq ans de son existence dans la capitale algérienne avait souligné lui-même l'importance de la "période algérienne dans sa production littéraire". Il était donc naturel pour l'institut qui porte son nom d’œuvrer à restituer cette part d'histoire, peut-être oubliée de ce côté-ci de la méditerranée.

"Cette période est importante pour Cervantès et il dit que cette période algéroise était celle de la formation de l'esprit, de l'homme, de l'écrivain. Il y a aussi appris les sens de la liberté, la solidarité et du respect. Le placer à nouveau dans l'histoire de ce pays et sur les lieux de ses apprentissages était très important», souligne-t-elle.

Le "public algérien a été très réceptif tout autant que les autorités algériennes notamment le ministère de la Culture et l'APC de Belouizdad qui nous ont aidé dans la mise en œuvre de ce programme très important" ajoute-t-elle.

Pour la directrice de l'institut Cervantès à Alger, la chose la plus importante réalisée cette année a été l'édition de la version de Don Quichotte pour enfant dans les langues arabes et françaises.

"Personnellement c'est ma plus grande satisfaction", confie Mme Romero en expliquant que ce projet "consistait à faire illustrer l'histoire de Don Quichotte par des élèves des écoles de Belouizdad et d'autres du Lycée français à Alger. Ces élèves ont écouté et dessiné les différentes illustrations de cette version dans les deux langues".

Une rencontre des spécialistes de la vie et des œuvres de Cervantès a été organisée à la Bibliothèque nationale au mois d'octobre dernier. Les conférences et les articles qui leur ont été consacrés seront publiés dans un recueil.

Au cours du dernier estival international de la bande dessinée d'Alger (Fibda), une exposition intitulée "Miguel en Cervantès" a été organisée, faisant une sorte de miroir entre la biographie de Cervantès et la manière dont il parlait de la vie quotidienne de son époque dans «El Retablo de las Maravillas".

raquel romero mihoubi et amba

Une exposition des dessins des toutes premières versions espagnole, française et anglaise de la fin du 17e siècle qui ont donné cette image au personnage de Don Quichotte. Une traduction en arabe a été publiée cette année.

Autour de ces trois axes, se sont ajoutés des concerts de musique, des expositions, des conférences d'histoire, la lecture de Don Quichotte par des diplomates en poste à Alger dans vingt langues avec leurs différentes intonations.
" Cette lecture a permis de mettre en relief l'universalité de ce personnage spécial ", explique Mme Romero en évoquant e petit parcours sur les traces ce Cervantès à Alger du bastion 23 à sa grotte de captivité. Un parcours qui draine de plus en plus de gens qui veulent faire ce "petit voyage atypique".

Une grotte, un projet de jumelage et une histoire à valoriser

La grotte de Cervantès, explique Mme Romero, doit faire l'objet d'un intérêt particulier et d'un entretien permanent. Un projet d'aménagement de la grotte a été élaboré pour lui rendre la place qu’elle est digne d’avoir.

Ce projet doit être mis en place, indique Mme Roméo qui souligne l'engagement de l'institut Cervantès et celui de l'ambassade d'Espagne, à condition que les autorités algériennes aient de l'intérêt pour cette entreprise particulière.

En ce mois d'Avril, les responsables de l'institut Cervantès et ceux de la culture à l'ambassade d'Espagne iront à Madrid pour débattre des projets de jumelages avec les villes "cervantines". Les espagnols ont opté pour les villes qui ont une signification particulière dans la vie du plus célèbre de leurs écrivains.

De ces villes, indique Mme Romero, on a retenu sa ville natale, Madrid, Rome, Alger et Lisbonne. Des responsables de toutes ces villes seront présents et discuteront aussi de la création d'un espace web dédié à la promotion de ce jumelage et de l'importance des villes suscitées dans la vie de l'auteur.

L'institut Cervantès d'Alger, 5e au monde

L'année 2016 a connu un afflux record d’étudiants. 3200 élèves se sont inscrits en cours d'espagnol, un nombre énorme, note Mme Romero qui fait du centre d'Alger "le 5e plus important au monde et le plus important du Maghreb bien devant les instituts Cervantès de Rabat et de Casablanca".

Mais, souligne Mme Romero, il y a encore beaucoup à faire. "Il faut intégrer les nouvelles technologies notamment internet comme outil d'apprentissage". Son souhait est que la formation des enseignants de langue espagnole soit davantage orientée vers la didactique et avec de meilleurs moyens de faire passer. Un partenariat avec le ministère de l’éducation a été initié en ce sens et que l'institut Cervantès d'Alger, d'Oran et de Mostaganem voudraient renforcer.

L'année 2016, a-t-on appris, a été aussi la plus importante de l'Histoire de l'Institut Cervantès d'Oran. "Depuis 2006- année de sa création comme annexe à celui d'Alger, 2008 où il est devenu totalement indépendant, l'Institut Cervantès d'Oran, a réussi à avoir un potentiel énorme avec les écoles primaires. Leurs partenariats avec ces écoles a fait que 30% de leurs étudiants sont issus des écoles primaires… "

L’objectif pour Mme Romero, est de renforcer la formation des enseignants d’espagnol pour pouvoir transmettre aux apprenants de la langue pas seulement à Alger ou à Oran. Elle souhaite également que l’on travaille beaucoup plus sur l’apprentissage aux enfants. Deux grands chantiers que l’actuelle directrice de l’Institut Cervantès d’ Alger voudrait léguer à son successeur en lui passant le témoin à la fin de cette année pédagogique.

Quand au programme de cette année, il sera dévoilé dans ces moindres détails ce mercredi 29 mars en présence de l'ambassadeur d'Espagne à Alger et de la directrice de l'institut.

Les activités très riches et nombreuses s’ouvriront ce jeudi même soir avec une exposition photos des principales capitales andalouses, Seville Cordoue et Grenade avec en prime un concert de musique de Rami Malouf, un musicien libanais installé à Alger.

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