Gouvernement El Othmani: une opposition fragilisée

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POLITIQUE - Avec l’entrée de l’Union constitutionnelle (UC) et de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) au gouvernement El Othmani, une question se pose fortement. Quelle place sera accordée à l’opposition parlementaire, qui se considérait déjà marginalisée sous le gouvernement Benkirane?

Sera-t-elle encore plus fragilisée? D’autant qu’elle ne comporte plus que le Parti authenticité et modernité (PAM) et l’Istiqlal, dont le porte parole, Adil Benhamza, a prononcé, hier lundi, le divorce du parti avec le PJD en raison de la composition de la nouvelle majorité. Sur les 9 partis représentés au Parlement, 7 ont opté pour la majorité. Or, une opposition forte est nécessaire pour participer à la procédure législative et surtout, contrôler l’action gouvernementale.

Une opposition hétérogène

"Composée uniquement du PAM et de l’Istiqlal, l’opposition n’est pas homogène", déplore le politologue Mohamed Darif. En effet, l’opposition s’est toujours montrée morcelée. L’on se rappelle d’ailleurs de la réforme du Code de la presse qui avait divisé les deux formations politiques. Alors que le groupe parlementaire de l’Istiqlal voulait maintenir l’interdiction de la publicité des paris et des jeux de hasard dans la presse écrite, celui du PAM avait milité pour la suppression de cette disposition.

Même sur des dossiers communs, chacun a préféré faire cavalier seul. Le dépôt de deux propositions de loi en faveur de la légalisation de la culture du cannabis à usage thérapeutique et industriel le démontre.

L’entente n’est pas au rendez-vous

Les relations entre le parti du tracteur et celui de la balance n’ont jamais été au beau fixe. Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal, n’a pas fait dans la dentelle en indiquant à plusieurs reprises que le PAM incarne le "tahakoum". Mais "les deux formations pourront, à elles seules, faire l’affaire", estime Darif. Ce dernier considère en effet que le PAM et le PI ont acquis l’expérience nécessaire sous le mandat de Benkirane pour exercer leur mission.

Mais si la Constitution de 2011 confère à l’opposition un rôle fonctionnel, il n’empêche que ce rôle n’a jamais été respecté. La majorité des propositions de loi déposées par les partis de l’opposition sont restées lettre morte. Sur un total de 200 propositions, à peine 21 ont été discutés au Parlement.

La majorité ne fait pas mieux

"Le rendement de l’opposition dépend de celui de la majorité", estime Mohamed Darif. Or, l’approche adoptée par Saad Eddine El Othmani pour lever le blocage politique a conduit à la formation la mise en place d’"une majorité forcée et hétérogène", estime le politologue. Devant les réticences de la majorité des membres du Conseil national du PJD à l’égard de l’USFP, le fonctionnement du prochain gouvernement pourrait être affecté. D’autant que "la nouvelle coalition abrite des partis entrés en confrontation au lendemain des élections législatives, en l’occurrence l’USFP et le Parti du progrès et du socialisme (PPS)".

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