Affaire de la visite des députés en Syrie: Entre violation de la diplomatie et liberté politique

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KOTTI
Facebook/Abdelaziz Kotti
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Un groupe de députés tunisiens (des blocs d’Al Horra, du Front populaire et de l’Union patriotique libre essentiellement) a rendu visite, la semaine dernière, en Syrie. Au cours de cette visite, les élus ont rencontré plusieurs responsables syriens dont le président, Bachar Al Assad.

Ayant provoqué une grande polémique, cette visite a amené le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jihnaoui, à déclarer que le ministère n’a, à aucun moment, été informé de ce déplacement.

De retour au pays, Sahbi Ben Fradj, député du bloc d’Al Horra du mouvement Projet pour la Tunisie (Al Machroû) a expliqué, dans une déclaration accordée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), que l’Etat tunisien refuse toujours de collaborer avec le régime syrien pour régler le blocage du dossier des Tunisiens se trouvant en Syrie.

Intervenant sur le plateau de Meriem Belkhadi sur El Hiwar Ettounssi, Sahbi Ben Fradj a assuré que les députés comptent aller, de nouveau, en Syrie et ce afin de continuer à servir les intérêts suprêmes de la Tunisie. Interpelé par le secrétaire-général du Courant démocratique, Ghazi Chaouachi, le député d’Al Horra a affirmé que ses collègues n’ont pas dépassé leurs prérogatives en faisant cette visite et qu’ils respectent totalement l’Etat et sa diplomatie. Sahbi Ben Fradj a, par ailleurs, appelé à la nécessité de questionner pénalement et juridiquement ceux qui ont décidé la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, faisant ainsi référence aux dirigeants de la Troïka.

De son côté, le député Abdelaziz Kotti a assuré, lors d’une déclaration accordée à la radio Shems FM, que ses collègues et lui-même n’ont pas besoin de demander l’autorisation du ministère des Affaires étrangères ou de toute autre autorité avant de visiter la Syrie puisqu’il s’agissait d’une "visite non officielle". Selon lui, la visite en question avait pour objectif de faire passer le message de la nécessité de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays.

Réagissant à cette affaire, la présidente de la Commission parlementaire chargée d’enquêter sur les parties qui ont contribué au départ des Tunisiens vers les zones de combat (Syrie, Iraq et Libye) a estimé que la visite de ses collègues représente une opération de déblayage de terrain qui aidera la Commission dans ses recherches. Hassen Laâmari, membre de la même Commission et député du bloc du mouvement de Nidaa Tounes a, quant à lui, menacé de démissionner de la Commission dont certains membres commencent à faire des pressions pour l’éloigner de son réel objectif.

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