La réconciliation économique et financière relancée: Appel à la désobéissance civile

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Thomas Peter / Reuters
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Cela fait quelques jours que le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a informé que le projet de loi de la réconciliation économique et financière sera examiné en priorité par la Commission de la législation générale. Une annonce qui a relancé le débat dans le pays sur la nécessité et la légitimité d’une telle loi.

Réagissant à cela, la députée du Courant démocratique, Samia Abbou, a estimé que le projet de loi en question est une tentative d’institutionnaliser la corruption et l’impunité dans le pays. Pour la députée, ce projet de loi ne doit pas être examiné par le Parlement et encore moins adopté par les députés. Elle a, dans ce cadre, appelé à une désobéissance civile si jamais cette loi passait.

De son côté, le dirigeant du même parti, Mohamed Abbou, a posté un texte sur sa page officielle Facebook où il a considéré que le pays est réellement menacé par le retour de l’appareil de corruption tout en lançant un appel à tous ceux qui veulent se dresser contre la réconciliation économique et financière afin de s’organiser. Pour Mohamed Abbou, la bataille n’est pas une bataille pour les postes et encore moins pour une sorte de putsch contre les résultats des élections; il s’agirait plutôt d’un combat que doit mener tous les Tunisiens libres afin d’éviter le pire à leur pays. Rejoignant son épouse, Mohamed Abbou a donc maintenu l’appel à la désobéissance civile.

De son côté, le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, a qualifié le projet de loi de "réconciliation avec la corruption et l’oppression" tout en indiquant que c’est un texte qui a des buts purement politiques. Expliquant que le Front populaire n’est pas contre la réconciliation en tant que principe, Hamma Hammami a insisté sur le fait que la réconciliation ne peut avoir lieu qu’après une série de mesures et de procédures.


Le projet de loi de la réconciliation économique et financière
a été initié par la présidence de la République qui l’a soumis, en juillet 2015, à un Conseil ministériel. En septembre de la même année, plusieurs manifestations ont été organisées un peu partout dans le pays, ce qui a obligé la présidence à retirer son texte.

Une année plus tard, juin 2016, la réconciliation économique a été relancée dans une atmosphère tout aussi tendue et la présidence a, encore une fois, été obligée de battre en retraite.

Au cours de son interview accordée à la télévision nationale à l’occasion de la fête de l’Indépendance, Béji Caïd Essebsi avait déclaré que sans la réconciliation économique et financière, l’investissement ne pourrait pas retrouver son éclat.

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