8 photographes en herbe exposent les rues de Casablanca à L'Uzine

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Huit artistes exposent leur street-photographie à L'Uzine. | Yoriyas Yassine Alaoui Ismaili
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PHOTOGRAPHIE - Depuis le 25 mars, la cafétéria de L'Uzine à Casablanca accueille une exposition de street-photographie. Huit photographes en herbe ont présenté les clichés de rue qu'ils ont réalisés durant un atelier de trois mois, sous les conseils du photographe marocain Yoriyas Yassine Alaoui Ismaili.

Une cinquantaine de photographes amateurs avaient postulé pour avoir la chance de participer à cet atelier. Après des entretiens, seulement huit d'entre eux ont été sélectionnés: Abdelali Ait Laydi, Abdelhamid Belahmidi, Adil Bahmane, Emmanuelle Outtier, Nawal Moujtahid, Reuben Yemoh Odoi, Rita Iraqi Houssaini et Soufiane Najah. Tous allaient toucher pour la première fois à la photographie de rue.

"Pendant trois mois, tous les samedis, on se retrouvait pour des cours théoriques et pratiques. Dans les cours théoriques, on revoyait l'histoire de la street-photographie, les artistes et leur approche. J'ai présenté mon travail puisque je fais moi-même des photos de rue", raconte au HuffPost Maroc Yoriyas Yassine Alaoui Ismaili, qui les a encadrés. Pour la pratique, les photographes en herbe allaient directement sur le terrain, dans les rues de la capitale économique.

"Beaucoup de gens pensent faire de la street-photographie quand ils prennent des photos de loin, dans la rue, avec un zoom de 200 millimètres. Pour la street-photographie, on doit utiliser l'objectif comme un oeil humain: il faut être dans la scène qu'on photographie, au plus près. Il faut donc utiliser un objectif de 35 ou 28 millimètres", explique le photographe.

Une contrainte qui fut difficile pour ses huit élèves, puisqu'elle implique d'aller au plus proche des gens. "C'est surtout plus difficile à Casablanca que dans des villes touristiques comme Marrakech. Les gens n'ont pas l'habitude de voir des personnes se faire photographier. Soit ils pensent soit que ce sont des journalistes, soit qu'on va leur voler leur image. J'ai essayé de leur donner quelques astuces par rapport à ça. Parce que les problèmes font partie du jeu de la street-photographie. Il faut simplement savoir les gérer, en expliquant les choses, en pensant positif, ou avec un simple sourire."

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Un exercice réussi

Yoriyas Yassine Alaoui Ismaili est satisfait de ses street-photographes en herbe. Les huit élèves exposent pendant un mois leur travail (entre 4 et 6 photos par personne) à la cafétéria de l'Uzine. Sur leur photos, ils sont allés plus loin que le simple thème de la rue. "On a été vers le jeu de lumière et des ombres, chercher les détails, les couleurs. Jouer avec les profondeur de plan", explique le photographe. "Mais ce qui me fait encore plus plaisir, c'est qu'aujourd'hui, ils ont le courage d'aller au plus près des gens", souligne Yoriyas.

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En attendant le prochain atelier qu'il tiendra peut-être d'ici un an, le photographe marocain a un autre projet: organiser des workshops dans les écoles pour expliquer la photo de rue. "Les gens ne connaissent pas et c'est dommage. Quand on cherche des photos de rue de Paris ou New York, on en trouve beaucoup et on voit que ce sont des grandes villes. Ici, dans les villes du Maroc, il n'y en a pas. Mais les photos de rue sont importantes pour voir l'évolution d'un pays."

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