L'ONU adopte une résolution pour lutter contre le trafic des biens culturels

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PATRIMOINE ALGERIA
DJEMILA, ALGERIA - AUGUST 1: August 1st, 2011, Djemila (old otwn) in Setif, Algeria. The visual appearance of the roman site in Djemila inspired the logo of a contemporary Algerian organisation. (Photo by Reza/Getty Images) | Reza via Getty Images
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Le Conseil de sécurité a adopté vendredi 24 mars une résolution demandant aux États membres de l'ONU de prendre des mesures pour empêcher et combattre le commerce illicite et le trafic des biens culturels. Cette résolution s'applique également aux objets "à valeur archéologique, historique, culturelle, scientifique ou religieuse" qui ont été spoliés en période de conflit armé.

Présentée par la France et l'Italie, la résolution 2199 (2017) encourage les États membres à proposer des listes de Daech (l’État islamique), Al-Qaïda et des personnes, groupes, entreprises et entités impliqués dans ce type de trafic.

Cette résolution a été présentée par la France et l'Italie et a été adoptée à l'unanimité de ses membres. Le Conseil demande aux États membres d'élaborer "une large coopération policière et judiciaire" à cette fin, avec l'aide de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), de l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) et de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Devant le Conseil de scéurité, la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a exprimé sa "vive émotion" après l'adoption de cette "résolution historique, qui marque une prise de conscience essentielle du rôle du patrimoine pour la paix et la sécurité".

"La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre -c'est devenu une tactique de guerre, dans une stratégie globale de nettoyage culturel", a expliqué Mme Bokova, ajoutant que la protection du patrimoine est plus qu'un enjeu culturel : "c'est un impératif de sécurité, inséparable de la protection des vies humaines".

L'UNESCO travaille avec la Cour pénale internationale (CPI) pour mettre un terme à l'impunité des crimes de guerre contre la culture, a dit la Directrice générale, précisant que cette coopération avait notamment permis la condamnation du responsable de la destruction des Mausolées de Tombouctou.

La résolution demande également aux États membres de dresser "des inventaires du patrimoine et des biens culturels, notamment sous forme numérique" et de se doter de normes régissant l'exportation et l'importation de ce type de biens, y compris la "certification d'origine". Il leur est également demandé d'établir des services spécialisés et de créer des bases de données destinées à recueillir des informations sur les activités criminelles liées aux biens culturels.

Le Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a expliqué au Conseil que son organisation coopère étroitement avec l'UNESCO, INTERPOL et l'Organisation mondiale des douanes pour renforcer la réponse des pays à tous les niveaux.

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