De la pub sur le Washington Post pour "vanter" les atouts de l'Algérie

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DOSSIER ALGRIE SUR THE W POST
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L'Algérie tente de redorer son blason à coups de publicité dans les médias américains. Le Washington post est le média choisi pour faire la promotion de l'Algérie, "partenaire clé des Etats-Unis et du reste du monde" dans la lutte antiterroriste et son "potentiel de croissance".

Même si l’agence de presse algérienne (APS) présente ce contenu de marque comme étant un "dossier de presse sur les atouts de l’économie algérienne et son potentiel d’investissement", le journal américains,The Washington Post, indique clairement sur son site qu'il s'agit d’un contenu payant. Autrement dit, une publicité. Une mention le précise clairement : "Ce contenu est payé par un annonceur et édité par WP BrandStudio. La rédaction du Washington Post n’est pas impliquée dans la rédaction de ce contenu".

Le journal précise que le contenu provient de l’agence de communication True Media. Au mois d'août 2016, le Forum des chefs d’entreprises (FCE) avait annoncé recourir à cette même agence TrueMedia pour publier dans un "hors-série" dans le Washington Post pour "valoriser la destination Algérie à l’international".

L'APS quant à elle n'hésite pas à résumer les contenus des différents articles commandés agrémenté de citations du président Bouteflika et des ministres Abdesslam Bouchouareb, Hadji Baba Ammi et du gouverneur de la Banque centrale, Mohamed Loukal. Même le ministre de l'habitat, Abdelmadjid Tebboune y explique le programme public du logement.

Cette forme de marketing publicitaire bien qu'usuelle dans les pays du tiers monde, son impact n'est pas pour autant certain. Les hommes d'affaires cibles privilégiés de ces campagnes s’informent de manière différente sur les pays où ils peuvent investir. Leurs ambassades ou des agences spécialisées sont leurs principales sources d'informations.

Le précédent Le Monde

Ce type de publicité se transforme parfois en un réel désastre. C'est le cas du supplément publicitaire de 16 pages publié dans le journal Le Monde sur les "réalisations" de l’Algérie sous la présidence de Bouteflika. Publié le 4 juillet 2012 à la veille du cinquantième anniversaire de l’indépendance, le supplément a suscité une vive réaction de la société des rédacteurs du monde.

Les journalistes du Monde ont reproché à leur direction de ne pas avoir veillé suffisamment à mettre en exergue le caractère de publireportage. "Il ne faut pas laisser nos moyens de vivre compromettre nos raisons de vivre" avait rappelé la société des rédacteurs du monde en citant sont fondateur Hubert Beuve-Mery.

Les journalistes du Monde s’insurgeait du fait l’appel en page "Une" du journal ne mentionnait pas le "caractère publicitaire et commercial de cette opération" et que ce supplément "nuit gravement à la crédibilité du journal et au travail des rédacteurs du Monde".

Ces fameuses 16 pages du supplément auraient coûté 1,5 millions d’euros. Et la mise au point des journalistes aurait transformé l’opération de lifting en une fâcheuse contre-publicité très chèrement payée.

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