Blocus de Ghaza: l'enclave palestinienne menacée d'une catastrophe écologique et humanitaire, selon des experts

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GAZA
Palestinians filling bottles and jerricans with drinking water at Al-Shati refugee camp in the southern Gaza Strip, on March 22, 2017. More and more Gazans are falling ill from their drinking water, highlighting the humanitarian issues facing the Palestinian enclave that the UN says could become uninhabitable by 2020. (Photo by Hosam Salem/NurPhoto via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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L'enclave palestinienne de Ghaza, sous blocus israélien depuis plusieurs années, va au-devant d'une catastrophe écologique et humanitaire si aucune solution n'est trouvée pour approvisionner en eau saine ses deux millions d'habitants, selon les experts.

"Plus de 97% de la nappe phréatique est impropre à un usage domestique à cause d'une salinisation jusqu'ici jamais atteinte", explique Munther Shoblak, directeur général de la Compagnie de l'eau des municipalités ghazaouies.

Or la quasi-totalité des Ghazaouis dépendent de la nappe phréatique, l'eau arrive à leur robinet par le vétuste réseau public ou ils la prélèvent par leurs propres moyens. Ils en ressentent les effets sur leur santé.

"Chaque année, nous constatons une augmentation de 13 à 14% des patients admis pour des problèmes rénaux", indique Abdallah al-Qichaoui, chef du département de néphrologie de l'hôpital Chifa de Ghaza, cité par l'AFP.

Ces problèmes rénaux ont "des origines déjà connues, comme la tension, le diabète et les maladies héréditaires, mais il ne fait aucune doute que la pollution de l'eau joue également un rôle", poursuit-il.

Avec les ravages causés par trois agressions militaires israéliennes en huit ans et par 10 ans de blocus israélien, un taux de chômage de près de 45% et une insécurité alimentaire, l'enclave risque de devenir "inhabitable en 2020", avait estimé l'ONU.Elle plaçait la raréfaction galopante et la pollution de la ressource en eau au premier rang des fléaux.

"Il y a deux sortes de pollutions: chimique et microbiologique", dit Sami Loubbad, en charge de l'Environnement au ministère de la Santé.

Dans la nappe, ces pollutions se conjuguent et font grimper les taux de chlorure et de nitrate qui "peuvent provoquer chez les bébés la maladie bleue (cyanose congénitale) et jouer un rôle dans le développement de cancers", note le professeur Adnane Aïch.

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