Le GADEM se mobilise contre l'expulsion d'une jeune congolaise et son nouveau-né

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MIGRANTS - Depuis plusieurs semaines, la police marocaine tente d'expulser une femme originaire du Congo et son nourrisson de quelques jours. Alors que cette dernière devait se rendre en Allemagne après une escale à l'aéroport Mohammed V de Casablanca, selon les autorités, elle a été arrêtée alors qu'elle était enceinte de 9 mois. La police aurait en effet constaté un faux visa pour l'Allemagne.

Depuis, la jeune femme, qui a accouché à l'hôpital Ibnou Rochd à Casablanca, est toujours sous surveillance policière et risque l'expulsion, une situation qui révolte Mehdi Alioua, président du GADEM (Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants) . "La police ne peut pas juste faire comme bon lui semble. On demande le respect de l'État de droit. Il y a la loi et des juges qui doivent décider de l'expulsion ou non de ressortissants africains", s'insurge Mehdi Alioua interrogé par le HuffPost Maroc.

Pour le président du GADEM, même la loi n°02-03 sur l'immigration, qu'il considère pourtant "sécuritaire", empêche l'expulsion de femmes enceintes et de nourrissons du Maroc. "C'est une image terrible pour le Maroc, contraire à tous ses engagements humanistes et contraire à notre tradition d'hospitalité", ajoute Mehdi Alioua.

#Free_Mandika_s

Pour mobiliser l'opinion publique et interpeler les autorités, le collectif a lancé hier sur les réseaux sociaux le hashtag #Free_Mandika_s ."Nous avons lancé cette campagne, comme précédemment devant de pareils situations", explique Mehdi Alioua. "Le Maroc ne peut pas prétendre rejoindre l'UA et vouloir intégrer la CEDEAO, qui assure la libre circulation de ses membres, tout en expulsant des ressortissants étrangers", insiste ce dernier. Une mobilisation qui débute sur les réseaux sociaux, même si le GADEM espère une mobilisation plus large de l'opinion publique

Le GADEM exige également une commission d'enquête parlementaire "pour savoir ce qui se passe dans cette zone d’attente de l’aéroport Mohammed V à Casablanca".

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