L'UNESCO s'inquiète de la sous-représentation des femmes en sciences et technologie

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Dans son "Science Report : Towards 2030" (Rapport sur la Science : Vers 2030), l'UNESCO a lancé un véritable avertissement après avoir constaté que le nombre de femmes dans les domaines de la Science, Technologie, Engineering et Mathématiques (STEM). Dans ce document de plus de 800 pages, l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture souligne la disparité entre le nombre d'hommes et de femmes dans le secteur de la recherche.

"La participation féminine est en baisse dans un domaine qui se développe à l'échelle mondiale en raison de son importance dans le développement des économies nationales et de sa pénétration dans tous les aspects de la vie quotidienne. Cela pourrait-il être un symptôme du phénomène par lequel "les femmes sont les premières recrutées et les premières licenciées ?" ". C’est le "cri" d’alarme de l’UNESCO dans son "Rapport sur la Science : Vers 2030" publié le 11 février 2017 à l’occasion de la " Journée internationale des femmes et des filles en sciences".

Le rapport, de plus de 800 pages (dans sa version originale en anglais), livre des statistiques sur la "sous représentation" des femmes dans les secteurs de la Science, Technologie, Engineering et Mathématiques (STEM), en particulier dans les pays développés, et des résultats surprenants dans les pays en voie de développement. Selon l'organisation, en dépit du fait que plus de la moitié des diplômés du monde entier de baccalauréat et de maîtrise (et 43% de diplômés de doctorat) sont des femmes, seulement 28% sont des chercheurs, dans les domaines STEM. La rapport note que le nombre de femmes en informatique a diminué depuis le début du 21e siècle, en particulier dans les pays à revenu élevé. Entre 2000 et 2012, la proportion de femmes diplômées en informatique a diminué en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Corée du Sud et aux États-Unis.

Cette "sous représentatio" est "observée dans les domaines de l'ingénierie et des domaines connexes dans le monde développé ", affirme le rapport. "Au Japon et en Corée du Sud, respectivement 5% et 10% des ingénieurs sont des femmes", ajoute le document qui note que ces deux pays enregistrent les "écarts les plus importants en rémunération entre les hommes et les femmes chercheurs" au sein de l’OCDE, soit 29% pour le Japon et 39% pour la Corée du Sud. En Amérique du Sud et dans les Caraïbes, la part des femmes diplômées en informatique est tombée respectivement de 2 et 13 points de pourcentage depuis 2000.

Moins de femmes dans la recherche

Selon le rapport, il existe des exceptions dans certains pays d’Europe en matière de baisse du nombre de femmes dans le domaine de l’informatique. C’est le cas du "Danemark, où les femmes diplômées sont passées de 15% à 24%, entre 2000 et 2012, et en Allemagne, qui a connu une augmentation de 10% à 17%". "Ce sont encore des niveaux très bas" affirme l’UNESCO qui cite le cas de la "Turquie, où la proportion de femmes diplômées en informatique a augmenté passant d'un niveau relativement élevé de 29% à 33%".

Dans le domaine de la recherche scientifique, les chiffres consacrent le même écart que dans le milieu professionnel. Le rapport constate un "recul" dans la "participation des femmes à la recherche dans le monde". "Les femmes poursuivent activement des grades de baccalauréat et de maîtrise et dépassent même les hommes à ces niveaux, puisqu'elles représentent 53% des diplômés, mais leur nombre diminue abruptement au niveau du doctorat (43%). L'écart s'élargit au niveau des chercheurs, les hommes représentant maintenant 72% du pool global. La forte proportion de femmes dans l'enseignement tertiaire ne traduit donc pas forcément une plus grande présence dans la recherche", affirme le rapport de l’UNESCO.

La parité est là où l’attend le moins

La bonne nouvelle vient de pays comme la Malaisie, les Philippines, ou Oman où les femmes ont atteint la parité, voire la majorité. La part des femmes dans le secteur de la recherche est de 52% aux Philippines. D'autres pays sont proches de la parité, comme la Malaisie et le Vietnam, alors que l'Indonésie et Singapour se situent encore autour de 30%.

Selon le rapport de l’UNESCO, "dans plusieurs pays arabes, les femmes représentent plus de quatre chercheurs sur dix travaillant dans le domaine des sciences exactes et naturelles (Koweït, Égypte et Irak) et des sciences médicales et de la santé (Koweït, Égypte, Iraq, Jordanie et Maroc)". Dans certains états arabes, "les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes dans les départements de sciences exactes et naturelles, de médecine et d’agriculture des universités".

"Les données récentes disponibles pour dix pays (arabes) révèlent que les femmes représentent entre 34% et 56,8% des diplômés du supérieur dans les sciences, l'ingénierie et l'agriculture, un ratio relativement élevé", affirme le document. "Environ 37 % des chercheurs dans le monde arabe sont des femmes, soit plus que dans l’Union européenne (33 %)", affirme encore l’étude.

Dans le domaine de la formation professionnelle, le rapport de l’UNESCO explique que le cadre de sa politique de réduction de l’immigration, l’Arabie saoudite va créer quelques 500 centres de formation professionnelle et garantir aux jeunes filles une parité dans les disciplines techniques. La "Société d'enseignement technique et professionnel de l'Arabie saoudite" a un large programme de formation pour " environ 500.000 étudiants, dont la moitié sont des filles"." Les garçons et les filles seront formés dans des métiers telles que l'informatique, la manutention de matériel médical, la plomberie, l'électricité, et la mécanique".

L’Afrique n’est pas en reste. "La représentation féminine en ingénierie est assez élevée en Afrique subsaharienne par rapport à d'autres régions", alors qu’"un peu moins d'un chercheur sur trois (30%) en Afrique subsaharienne est une femme", selon le rapport.

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