Attentat de Londres: Birmingham à nouveau mise en cause pour ses réseaux d'islamistes radicaux

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BIRMINGHAM
A police vehicle is parked ouside a property in that was raided after an attack by a man driving a car and weilding a knife in Westminster left five people dead and dozens injured, in Birmingham, Britain, March 23, 2017. REUTERS/Eddie Keogh | Eddie Keogh / Reuters
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ATTENTAT DE LONDRES - L'enquête progresse. Tout en confirmant que l'assaillant a agi seul, la police britannique a annoncé ce jeudi 23 mars avoir procédé à sept arrestations liées à l'attaque près du Parlement de Londres, qui a fait trois morts. Ces arrestations, a précisé la police, ont eu lieu "à six adresses différentes à Birmingham, Londres et ailleurs dans le pays".

Le nom de Birmingham avait déjà été évoqué par des médias britanniques, dont l'agence Press Association (PA) et Sky, qui faisaient état d'une opération d'envergure dans cette grande ville du centre du pays - la deuxième d'Angleterre. "L'homme de Londres habitait ici", a d'ailleurs déclaré un témoin du raid sur un appartement de Birmingham à PA.

Selon la BBC, la voiture utilisée par l'assaillant durant l'attentat avait en tout cas été louée dans cette même ville. La police, qui privilégie la piste du terrorisme islamiste, n'a pas donné plus de détails sur l'identité des personnes interpellées, notamment à Birmingham. Mais la ville, connue pour ses mosquées salafistes, est réputée pour être un fief des islamistes britanniques.

"Cellule de Birmingham" et noyautage d'écoles publiques

1,2 millions d'habitants vivent à Birmingham. Mais sa mauvaise réputation la poursuit, lui valant d'être comparée à une "no-go zone pour non-musulmans" par la chaîne américaine Fox News. Une mauvaise réputation qui s'explique en partie par ses liens avec plusieurs figures du jihadisme international.

Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles et suspect-clé des tueries de Paris en novembre 2015, y a notamment séjourné l'été précédent les attaques. En décembre 2015, Paris Match évoquait aussi une "cellule de Birmingham" pour décrire les liens entre Abdelhamid Abaaoud et des individus d'origine marocaine vivant dans cette ville. Le coordinateur des attentats du 13 novembre, tué dans un assaut du Raid à Saint-Denis, se serait rendu lui-même dans la métropole.

C'est aussi de Birmingham qu'était originaire Junaid Hussain, recruteur et hacker d'envergure du groupe Etat islamique tué dans une frappe de drone à Raqqa en août 2015. Ou encore Tareena Shakil, première femme condamnée au Royaume-Uni, début 2016, pour avoir rejoint les rangs de l'Etat islamique en Syrie. Par ailleurs, plusieurs interpellations pour infractions "terroristes liées à la Syrie" y avaient été menées au printemps 2016.

Sans aller jusqu'au jihadisme, Birmingham a par ailleurs été le théâtre d'un vaste scandale politique, lorsqu'il a été révélé en 2014 que des islamistes de la ville avaient "noyauté" des écoles publiques. "Les chefs d'établissement et les professeurs non musulmans ou musulmans modérés ont été constamment harcelés. Garçons et filles ont été séparés. Des appels à la prière étaient constamment diffusés par haut-parleurs", décrivait Le Monde.

La première ministre britannique Theresa May, à l'époque ministre de l'Intérieur, avait été accusée "d'avoir fermé les yeux sur les agissements des militants islamiques dans les écoles des quartiers sensibles", soulignait le quotidien du soir.

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