Menaces de mort contre des militants pro-palestiniens en France

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"Des militants français des droits du peuple palestinien font l’objet d’une campagne scandaleuse de menaces, d’intimidations et de harcèlement" depuis le 08 mars, dénonce dans un communiqué Amnesty International (AI).

Selon l'ONG, un groupe dénommé la Brigade juive a lancé un ultimatum aux membres dirigeants de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) le 4 mars dernier les sommant de cesser d’appeler au boycott des produits israéliens faute de quoi leur coordonnées personnelles seraient rendues publiques.

Quatre jour plus tard, soit le 08 mars, la menace a été mise à exécution. Pis. Des sites pro-israléiens ont amplifié l'information mettant en danger la vie des militants et dirigeants de l'AFPS. Depuis cette date, affirme AI,"plusieurs membres dirigeants de l’AFPS ont reçu des menaces de mort : les auteurs menaçaient de s’en prendre à leur famille ou à leurs enfants, de brûler leur domicile..."

Les intimidations ne se sont pas arrêtés à ce niveau. Certains, rapporte-t-on de même source, ont "répandu des rumeurs malveillantes, allant jusqu’à déclencher l’intervention des pompiers avec l’annonce erronée du suicide du président et du Secrétaire général"

Ce harcèlement, ajoute-t-on de même source, "fait suite à des menaces déjà prononcées contre des dirigeants de l’AFPS ces derniers mois."

Depuis 2010, la France a décidé de poursuivre en justice les individus appelant au boycott de produits israéliens dans le cadre de la campagne internationale Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS).

La circulaire ministérielle signée en 2010 par Mme Alliot Marie, alors ministre de l’Intérieur, "engage les procureurs à poursuivre les appels au boycott de produits israéliens, considérés comme caractéristiques de délits de provocation publique à la discrimination à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une nation", précise-t-on encore.

Des militants du mouvement BDS, ont été sommé par la préfecture de Paris de signer des engagements écrit à renoncer à toute promotion du boycott de produits israéliens.

AI rappelle que "si la répression de l’incitation à la haine et à la discrimination est légitime et nécessaire, elle ne peut se confondre avec la critique tout aussi légitime de la politique d’un Etat". Et de souligner que "l’appel pacifique au boycott d’un Etat rentre dans le cadre de cette critique et de l’action citoyenne non violente et s’inscrit donc dans le droit à la liberté d’expression, reconnu par le droit international."

L'ONG appelle à l'arrêt immédiat de cette campagne haineuse et traduire en justice et ses auteurs. Amnesty international appelle également à les autorités françaises et les candidats à l’élection présidentielle, "à abroger sans délai cette circulaire, qui bafoue le droit à la liberté d’expression et de protestation pacifique" en France.

A noter que cette campagne n'est pas la première qui vise des militants pro palestiniens. En janvier dernier, le parti socialiste français (PCF) avait fait état de faits similaires contre ses militants.

Son secrétaire départemental en Val-de-Marne avait révélé devant plusieurs dizaines d’élus et de militants à Ivry-sur-Seine, que "des menaces de mort de la part de hackers et fanatiques" ont été proférées contre le parti et des membres du Mouvement Jeunes Communistes français (MJCF) du Val-de-Marne en décembre suite à leur campagne pro-palestinienne. Une plainte contre X a été déposée. Une enquête a été ouverte.

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