Le FMI préconise un nouveau plan de redressement pour l'Algérie

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The seal of the International Monetary Fund is seen on a headquarters building in Washington, DC on July 5, 2015. The euro was dropping against the dollar after early results of the Greece bailout referendum suggested the country rejected fresh austerity demands from EU-IMF creditors. AFP PHOTO/MANDEL NGAN / AFP / MANDEL NGAN (Photo credit should read MANDEL NGAN/AFP/Getty Images) | MANDEL NGAN via Getty Images
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Finies les années où l'Algérie avançait des prêts à l'institution financière mondiale. En visite dans le pays, le chef de la mission du fond monétaire international (FMI) en Algérie, Jean François Dauphin, a préconisé un nouveau plan de redressement.

Au terme du séjour de sa mission de deux semaines dans le pays, le responsable du FMI relève que le pays "reste confronté à des défis importants" dus à la chute des cours de pétrole. "L’activité économique a été globalement résiliente, mais la croissance s’est ralentie dans le secteur hors hydrocarbures sous l’effet de la réduction des dépenses et est estimée à 3,4 % pour 2016", a-t-il affirmé.

Le FMI souligne spécialement dans le compte rendu publié le 20 mars, l'accroissement du taux d’inflation "passé de 4,8 % en 2015 à 6,4 % en 2016 et se chiffrant à 8,1 %, en glissement annuel, en janvier 2017".

Pour Jean François Dauphin, "le redressement des finances publiques devra s’inscrire dans la durée, car les cours du pétrole devraient rester bas et les réserves d’hydrocarbures ne sont pas inépuisables (…) Pour l’heure, l’effort de redressement devrait reposer essentiellement sur les leviers suivants : l’élargissement de l’assiette fiscale, grâce notamment à l’amélioration du recouvrement de l’impôt et à la rationalisation des exonérations fiscales; la maîtrise des dépenses courantes; le remplacement progressif des subventions à l’énergie, qui sont coûteuses et bénéficient surtout aux ménages aisées, par un soutien direct aux personnes les plus défavorisées; et l’amélioration de l’efficacité et la réduction du coût des dépenses d’investissement".

Tenant compte du "niveau relativement bas de la dette publique et le niveau des réserves de change" l’Algérie, estime le FMI "pourrait se permettre d’engager un redressement un peu plus progressif des finances publiques que ne le prévoit le budget à moyen terme actuel, en prenant en considération une gamme plus large d’options de financement, y compris les emprunts extérieurs et la cession d’actifs publics".

Le responsable du FMI estime, cependant, qu’il "convient de préserver l’investissement dans la santé, l’éducation et les systèmes de protection sociale bien ciblés. Il convient également de soutenir ces efforts en continuant à améliorer le cadre de gestion budgétaire et par un suivi attentif de la montée des risques budgétaires".

Le défi consiste donc à choisir une combinaison de politiques économiques qui facilite l’adaptation économique durable, au moindre coût en termes de croissance et d’emploi, a précisé M Dauphin lors de la conférence de presse qu'il a animé lundi à Alger. Il recommandera, dans le même sillage, de libérer le potentiel du secteur privé qui devra "remplacer progressivement le secteur public".

Il est important, selon l'avis de la mission du FMI, d’éviter une réduction "trop abrupte" du déficit des finances publiques, pour atténuer le risque d’un très fort ralentissement de la croissance, a noté M. Dauphin.

Il s'agit d'entreprendre des réformes "structurelles de vaste portée" dans le cadre d'une stratégie d’ensemble, conçue et séquencée de telle sorte que les réformes se renforcent mutuellement et que le poids de l’ajustement économique soit équitablement partagé", explique-t-il encore.

Pour ce représentant du FMI, la stabilité sociale est un acquis fondamental de la société algérienne et il est primordial de le préserver. Aussi, le FMI appelle à une adaptation "durable" de l'économie algérienne au choc pétrolier qui devrait encore durer.

La mission du FMI, qui a séjourné à Alger du 7 au 20 mars pour mener ses consultations annuelles sur l’économie algérienne, termine son rapport sur la nécessite d'"agir sans tarder, car il faut un certain temps pour que les réformes structurelles produisent leurs effets".

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