Les appareils électroniques interdits dans les vols du Maroc vers les États-Unis

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Daniel Allan
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AVIATION - Nouvelles restrictions pour les vols à destination de l'Amérique du Nord. Selon les médias américains, à partir d'aujourd'hui, les passagers voyageant en vol direct vers les états-Unis, originaires de huit pays dont le Maroc, seront obligés de ranger leurs appareils électroniques (ordinateurs, tablettes, lecteurs DVD portables, jeux vidéos) en soute. Seuls les téléphones portables seront autorisés en cabine.

Les aéroports concernés sont ceux du Caire en Égypte, d'Amman en Jordanie, de Kuwait City au Koweït, de Casablanca au Maroc, de Doha au Qatar, de Riyadh et Jeddah en Arabie saoudite, d'Istanbul en Turquie et d'Abu Dhabi et Dubaï aux émirats arabes unis. Des pays qui sont tous à majorité musulmane.

Selon l'AFP, les compagnies concernées, comme la Royal Air Maroc, "ont 96 heures (quatre jours) à compter de mardi 7 heure (heure marocaine) pour interdire à leurs passagers d'embarquer avec des appareils électroniques plus gros qu'un téléphone portable".

Mardi, la Royal Air Maroc a posté sur son site un communiqué informant ses passagers à destination des États-Unis de cette nouvelle disposition:

"Royal Air Maroc a reçu ce jour des directives émanant des autorités américaines en charge de la sécurité, le Department of Homeland Security, interdisant le transport en cabine de tout objet électronique, à l’exception des téléphones portables. Tout objet électronique devra donc être placé dans votre bagage en soute.

Ces nouvelles dispositions concernent tous les passagers voyageant sur les lignes Royal Air Maroc, à destination ou en provenance des USA; y compris les passagers en correspondance à Casablanca ou dans les aéroports que nous desservons aux USA.

La situation est en cours d’analyse par les équipes Royal Air Maroc. Nous vous communiquerons en fin d’après-midi les modalités et date d’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions, sur nos vols à destination et en provenance des USA."

(Mise à jour: Depuis la publication de cet article le communiqué a été retiré du site de la RAM)

Des risques sécuritaires?

Pour plusieurs médias américains, ce nouvel "electronic ban" (interdiction électronique) serait justifié par "des risques sécuritaires".

Selon le site américain Buzzfeed, le département américain de sécurité intérieure a justifié cette restriction dans un communiqué en rappelant le crash en 2015 en Égypte, la tentative de crash en 2016 en Somalie et les attaques contre les aéroports de Bruxelles et Istanbul.

Pour l'AFP, qui cite la chaîne d'information CNN, "cette interdiction serait liée à une menace provenant du groupe Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), actif au Yémen".

La Grande-Bretagne devrait d'ailleurs également mettre en place cette restriction dans les avions à destination des aéroports britannique. Selon Buzzfeed, qui cite un porte parole du 10 Downing Street, “le premier ministre a récemment eu des réunions sur la sécurité aérienne, pour les mêmes raison que les américains, et nous sommes déterminé à réagir face à ces informations".

Un nouveau "muslim ban"?

Selon Buzzfeed, qui cite un ancien cadre familier des procédures de sécurité dans les avions, “le risque de dissimuler des explosifs dans les ordinateurs ou autres larges objets électroniques (...) n'a rien de nouveau. Ce qui semble nouveau est cette surréaction (...) cela semble être un 'muslim ban' détourné", explique-t-il.

Selon la même source, il s'agit d'une "action non nécessaire qui est une sorte de punition à l'encontre d'un groupe plutôt qu'une application visant à réduire les risques de sécurité".

Pour le journal britannique "The Guardian", "cette nouvelle règle semble être en contradiction avec les règles informatiques de base". Le quotidien cite notamment Paul Schwartz, professeur à l'école de droit de l'Université de Californie, qui rappelle que le terrorisme n'a pas d'État propre: "les organisations terroristes ont des cellules à travers le monde".

Pour un second expert, une telle interdiction ne pourra pas empêcher une opération de hacking. "Un portable est aujourd'hui l'équivalent d'un ordinateur", explique-t-il.

En 2014, les autorités américaines avaient déjà mis en place des restrictions par rapport aux ordinateurs, interdisant aux voyageurs d'embarquer avec des appareils électroniques dont les batteries seraient déchargées. Une initiative qui concernait cependant tous les vols entrant aux États-Unis, quel que soit le lieu d'embarquement.

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