La fine fleur du cinéma d'animation français au Maroc pour le FICAM

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Claude Brras, réalsateur de Ma vie de courgette à Meknès, le 17 mars 2017. | DR
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CINÉMA D’ANIMATION – Vendredi soir, le film d’animation doublement césarisé Ma vie de courgette a été projeté en avant-première à Meknès, en présence de son réalisateur Claude Barras. Le public est venu nombreux pour découvrir ce "petit bijou d’animation", projeté en ouverture du Festival international du cinéma d’animation de la cité impériale (FICAM).

Selon son réalisateur, "c’est la première projection qui se fait au Maroc et la deuxième en Afrique, après Dakar".

Le film présente l'histoire d'un garçon qui croit être seul au monde après la mort de sa maman. C’est sans compter sur les nombreuses rencontres qu’il fera dans l’orphelinat où il sera accueilli. L’histoire est une adaptation libre du roman Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris.

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En février dernier, le film a reçu deux César, ceux du meilleur film d’animation et de la meilleure adaptation, en plus du Cristal du long métrage et du prix du public au Festival international du film d'animation d'Annecy en 2016 et une nomination aux Oscars.

Un festival vivant

"Je suis impatient de rencontrer le public et voir comment ça se passe. Je pense que c’est un festival qui est très vivant, avec beaucoup d’échanges qui se font et plein de films à découvrir. Je suis très content d’être là ", confie Claude Barras au HuffPost Maroc, quelques instants avant le début de la projection.

Ce n’est pas la première fois que le réalisateur se rend à Meknès. Il y a six ans, le film avait déjà été présenté au FICAM, alors qu’il était encore en projet. "J’étais déjà venu en 2011 où j’avais présenté le début du projet. J’avais fait un petit court-métrage pour essayer de le financer, une sorte de pilote. J’ai un super bon souvenir et je suis très content d’être de retour et de voir tous les invités présents et le public", ajoute-t-il.

Une autre pointure du cinéma d’animation de l’Hexagone était présente à la cérémonie d’ouverture du festival. Michel Ocelot, père de Kirikou, Azur et Asmar, entre autres, a reçu un vibrant hommage sur place.

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Quelques heures avant, ce "grand ami du festival" comme s’emploie à le rappeler Mohamed Beyoud, directeur artistique du festival, s’est prêté à l’exercice des masterclass. "C’était sensationnel, il y avait de l’enthousiasme des enfants, je sentais bien qu’ils suivaient, c’est un triomphe. C’était plein et très gai", nous confie-t-il.

Dilili en exclu

Lors de cette séance, le réalisateur a même présenté au jeune public en exclusivité un extrait de son prochain film Dilili à Paris. Un autre privilège qu’il a bien voulu accorder au FICAM, après avoir été en 2002, le premier réalisateur à avoir accepté l'invitation de ses organisateurs. Depuis, il est revenu en 2007, puis en 2011 pour fêter les 10 ans du festival.

"Mohamed Beyoud m’a demandé si je pouvais faire ça, j’ai dit oui. J’ai eu la bénédiction des producteurs et distributeurs ce qui n’est pas évident", a-t-il souligné.

Selon lui, la sortie du film est prévue en octobre prochain. "Je finis la fabrication en janvier 2018, on ne doit pas le sortir ensuite pour le présenter à Cannes. On attendra donc octobre au moment où les gens vont de nouveau au cinéma, en pensant durer jusqu’aux fêtes, la meilleure époque".

"Nous visons la bonne époque et nous n’avons pas peur des Américains", affirme-t-il, non sans humour.

Le Grand prix pour deux étudiants de Tétouan

La cérémonie d'ouverture du FICAM a par ailleurs été marquée par la consécration du projet porté par deux jeunes étudiants de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan. Sabrina Timsit et Omar Lhamzi ont reçu le Grand Prix Aicha de l'animation pour leur court-métrage La différence, qui a séduit le jury pour sa "qualité technique et artistique", a fait savoir Nicolas Schmerkin, producteur français et membre du jury.

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En plus d'un chèque de 50.000 dirhams, les deux jeunes réalisateurs en herbe feront le déplacement en octobre prochain, pour participer à une résidence d’écriture à l'abbaye de Fontevraud.

Le FICAM, lui, se poursuit jusqu'au 22 mars avec au programme plusieurs projections de films d'animations et des dizaines de rencontres et masterclass ouvertes au grand public.

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