Saad-Eddine El Othmani: Un psychiatre au chevet de la crise gouvernementale

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OTHMANI
REUTERS/Abderrahmane Mokhtari | MAP
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NOMINATION - Fin du suspense qui plane depuis mercredi sur le successeur de Abdelilah Benkirane. Le roi a nommé, ce vendredi 17 mars, Saad-Eddine El Othmani nouveau chef du gouvernement. Le président du conseil national du Parti de la justice et du développement était pressenti pour ce poste, aux côtés de Mustapha Ramid et de Aziz Rebbah.

L'ancien ministre des Affaires étrangères devra rattraper l'échec de Benkirane pour accélérer la formation du prochain gouvernement. Alors que les tractations étaient au point mort, il a fait preuve d'optimisme, estimant que le Maroc ne traversait aucune crise politique. Confiant, il n'a pas hésité à citer le cas de l'Espagne, resté sans gouvernement pendant près de 9 mois.

Son profil lui facilitera la tâche

À 61 ans, ce médecin psychiatre est connu pour son sens du compromis et du dialogue. Ses camarades le qualifient de "sage" du parti. Il a fait montre de dynamisme dès sa nomination à la tête du département des Affaires étrangères. Au lendemain de l'investiture du gouvernement Benkirane, il choisit l'Algérie pour son premier déplacement diplomatique. Aussitôt rentré à Rabat, il rassure sur le bilan positif de sa visite.

Son mandat à la tête du département des Affaires étrangères a toutefois été marqué par des déclarations jugées inappropriées, voire par certaines bourdes. Parmi ses dérapages, sa présence à une réunion des Frères musulmans, alors qu'il était en visite officielle au Koweit. Une présence qui a failli créer une grave crise diplomatique, avait déclaré Salaheddine Mezouar, à l'époque chef du RNI.

Reste que Saad-Eddine El Othmani demeure connu pour son sens de la retenue. Il est moins porté sur les polémiques et la confrontation que Abdelilah Benkirane. Son mandat à la tête du secrétariat général du PJD, entre 2004 et 2008, a été marqué par des positions modérées du parti de la lampe. Il a réussi à bien négocier ce virage politique, à un moment où plusieurs voix s'étaient élevées pour exiger la dissolution du PJD pour sa "responsabilité morale" vis-à-vis des attentats du 16 mai 2003.

Cèdera-t-il?

Aujourd'hui, Saad-Eddine El Othmani est face à un véritable casse-tête. Choisi pour remédier au blocage qui perdure depuis 5 mois, renoncera-t-il au refus catégorique de Benkirane quant à l'entrée de l'USFP au gouvernement? Rien n'est moins sûr. D'autant que la position de limiter la composition du gouvernement aux partis de la majorité sortante a été adoptée par le Conseil national dont il est président. Elle a été réitérée par le secrétariat général au lendemain du remerciement de Benkirane.

CV

Diplômé de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca (1986) et d'un DES en études islamiques à la Faculté des lettres de Rabat (1999), Saad-Eddine El Othmani a entamé sa carrière professionnelle au sein de l'hôpital psychiatrique de Berrechid. Auteur de plusieurs livres et publications sur le fikh et la question de la femme en islam, le nouveau chef du gouvernement a également occupé le poste de vice-président de la Chambre des représentants. L'expérience n'aura duré qu'un an (2010-2011). Saad-Eddine El Othmani a également occupé d'autres postes, dont ceux de président du Conseil national du PJD depuis 2008, membre du Congrès général des partis arabes et membre de la commission d’enquête parlementaire sur les évènements de Gdim Ezik.

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