Le nouveau décret anti-immigration de Donald Trump bloqué sur tout le territoire par la justice

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TRUMP BARRIA
U.S. President Donald Trump attends a healthcare meeting with key House Committee Chairmen at the White House in Washington, U.S., March 10, 2017. REUTERS/Carlos Barria | Carlos Barria / Reuters
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ÉTATS-UNIS - Le nouveau décret anti-immigration de Donald Trump devait rentrer en vigueur jeudi 16 mars, mais il n'en sera rien.

À peine cinq heures avant que la version revue et corrigée de ce qui est maintenant surnommé le "Muslim ban" ne prenne effet, le juge fédéral de Hawaï Derrick Watson a temporairement suspendu ce mercredi son application sur l'ensemble du territoire américain.

Un revers sévère pour le milliardaire new-yorkais qui essaie depuis plus d'un mois de mettre en place la mesure phare de son programme sans y parvenir.

Le magistrat a estimé que les opposants au décret, l'État de Hawaï et un leader musulman, avaient démontré pendant l'audience qui a eu lieu dans la journée qu'ils avaient de "fortes" chances de l'emporter a donc jugé que la suspension du décret pendant les démarches judiciaires évitait un "préjudice irréparable".

"L'incohérence des arguments du gouvernement est palpable", écrit Derrick Watson sans détour dans sa décision. "La notion qu'il est possible de faire preuve d'hostilité envers un groupe de personnes en les prenant toutes pour cible est erronée".

En dehors du texte, le président se voit aussi reprocher la façon dont lui et ses proches ont pu en parler ouvertement comme visant les musulmans. "Le contexte a démontré a plusieurs reprises qu'il y avait une animosité envers une religion qui poussait à la promulgation de ce décret et de son prédécesseur", justifie le juge.

"Nous allons nous battre contre cette terrible décision"

En meeting à Nashville dans le Tennessee -comme s'il était encore en pleine campagne présidentielle-, le milliardaire new-yorkais a réagi avec virulence et estimé que la suspension de la version revue et corrigée de son décret symbolisait "un abus de pouvoir sans précédent".

"Le juge avait des raisons politiques. Ce jugement nous donne l'air faible, et nous ne sommes plus faibles d'ailleurs, regardez nos frontières. Nous allons nous battre contre cette terrible décision, nous allons aller aussi loin qu'il le faut, y compris jusqu'à la Cour suprême. Nous allons gagner!", a lancé Trump.

Donald Trump estime impératif de fermer temporairement les frontières américaines aux réfugiés du monde entier et de suspendre l'octroi de visas durant 90 jours pour les ressortissants d'Iran, de Libye, de Syrie, de Somalie, du Soudan et du Yémen.

Ces derniers jours, le président et ses principaux ministres, Rex Tillerson (Affaires étrangères), Jeff Sessions (Justice) et John Kelly (Sécurité intérieure), ont défendu un texte "vital" pour la sécurité nationale, face à des menaces ne cessant selon eux d'évoluer.

Mais les opposants au décret ne sont pas convaincus de cette urgence. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les attaques les plus graves aux Etats-Unis ont été commises soit par des Américains, soit par des ressortissants ne provenant pas des pays visés par le décret, l'Iran, la Libye, la Syrie, la Somalie, le Soudan et le Yémen.

Plusieurs associations, dont la puissante organisation de défense des libertés ACLU devenue un symbole de la lutte anti-Trump, ont immédiatement salué la nouvelle sur Twitter et promis de continuer le combat.

"Nous sommes heureux de cette nouvelle mais nous ne sommes pas surpris. Nous continuerons de travailler pour nous assurer que le 'Muslim ban' ne rentre jamais en vigueur"

"La décision sur le 'Muslim ban 2' est une victoire pour la loi et un rejet clair et net de la discrimination anti-musulmans"

"Une nouvelle victoire pour la justice. Réjouissez-vous !"

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