Tunisie: Le Mausolée Sidi Brahim Riahi, un haut lieu du soufisme, prisé par des filles célibataires

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Dans une ruelle de la médina, se trouve un endroit saint, bien préservé par ses gardiennes; des femmes dévouées à son maintien et sa gérance, "les servantes", comme elles se désignent, du Cheikh Sidi Brahim Riahi, qui fut poète, ambassadeur et théologien qui a introduit tariqa soufie de la Tijaniyya en Tunisie, avant de devenir un Saint.

Le mausolée a été construit sur ordre d'Ahmed Ier Bey pour abriter la tariqa soufie dont Sidi Brahim Riahi est le maître.

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En entrant par le chicane du mausolée, on découvre une cour s'ouvrant sur plusieurs salles, dont une particulièrement captivante avec sa coupole splendide, richement scrutée. Cet oratoire est aussi une mosquée qui s'ouvre sur une autre salle où se trouve les tombes de Sidi Brahim et trois de ses fils.

En effet, tout le système repose sur l'ascendance de père en fils pour assurer la continuité de la lignée Riahi dans la gérance du mausolée. La femme du cheikh Riahi actuel, qui est donc l'arrière petit fils du Brahim Riahi, est toujours présente pour superviser la gestion du mausolée. Assise dans une salle en face de celle qui fait office d'une mosquée, elle garde un oeil sur les entrants, ordonne de couvrir par un safasari celles qui le sont pas car pour prier Dieu dans ce lieu saint, on ne badine pas avec les règles.

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Assise autour d'une table avec d'autres femmes, la femme du cheikh explique avec un accent francisant l'histoire de ce mausolée, se lamente qu'en Tunisie, certaines ne connaissent pas ce monument: "alors que des Marocains, Algériens, Sénégalais et autres cotisent pour venir faire un pèlerinage ici", déplore-t-elle.

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Lors de ce vendredi et comme chaque semaine, les croyants viennent réciter des versets de Coran, solliciter la miséricorde de Dieu: "Ici leurs prières, faites avec plus d'abnégation, sont plus entendues auprès d'un Saint qui a répondu la parole de Dieu", ajoute la femme du Cheikh, qui tient tout de suite de préciser: "On ne prie pas Sidi Brahim Riahi, on prie Dieu", lance-t-elle comme pour balayer certaines qui les accusent d'être des associateurs.

Et d'ajouter: "Grâce à la bénédiction du Dieu, les salafistes n'ont pas osé s'attaquer à Sidi Brahim Riahi mais c'est affligeant ce qu'ils ont fait à Saida Manoubia ou Sidi bousaid et à pleins d'autres lieux saints".

La femme du cheikh poursuit en énumérant les dessous de la sainteté de Sidi Brahim Riahi: "il récitait par coeur le Coran, étudier la sunna du prophète. Un érudit qui a permis l'abolition de l'esclavage en Tunisie", explique-t-elle avec fierté.

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En effet, Brahim Riahi émet, en 1842, une fatwa avec le Cheikh El Islam hanéfite Mohamed Bayram IV pour expliquer que l'esclavage est contraire aux préceptes de l'islam et appeler à l'abroger; c'est la première fois dans le monde islamique.

Sidi Brahim Riahi pour exaucer un voeu de mariage

Le mausolée de Sidi Brahim Riahi est aussi un endroit pour des pèlerins un peu spéciales. En effet, il existe une idée répondue que dans cet endroit saint, les voeux de mariage sont plus exaucés. Ainsi les femmes qui souhaitent se marier, viennent "servir Sidi Brahim Riahi sept semaines, nettoient les marches ou faire une promesse tout simplement ", explique la femme du Cheikh.

Ces femmes apportent avec elles du pain des sucreries distribués ensuite aux croyants. Il y a celles aussi qui apporteront des plats pour les pèlerins, chacune selon ses moyens, a conclu la femme du cheikh.


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