Tunisie: Huit mois de prison pour sodomie à l'encontre de deux jeunes. Les ONG réagissent

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Gary John Norman via Getty Images
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Le tribunal de première instance de Sousse a condamné, vendredi 10 mars, à huit mois de prison les deux jeunes hommes âgés de 20 et 21 ans, accusés de pratiques homosexuelles en application de l'article 230 du code pénal.

Arrêtés le 8 décembre dernier dans le district de Bab Bhar, gouvernorat de Sousse, les deux jeunes hommes âgés de 20 et 21 ans ont été traduits devant un juge d'instruction qui a réclamé qu’ils subissent un test anal censé prouver leur homosexualité.
Après avoir subi le test à l’hôpital régional de Sousse, les deux jeunes hommes ont été libérés après que le même juge a constaté que le test était négatif. Toutefois, cela ne l’a pas empêché de fixer une audience: d'abord, une première le 6 janvier 2017 reportée au 3 mars et une dernière fois, le 10 mars où le verdict a été rendu.

Un jugement qui s'inscrit dans le cadre des séries des arrestations et des verdicts à l'encontre des homosexuels en Tunisie malgré les appels réitérés de la société civile à mettre fin à cette chasse aux personnes à cause de leurs orientations sexuelles et à préserver les libertés individuelles dans le cadre du respect des lois.

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Les associations qui oeuvrent à la dépénalisation de l'homosexualité ont condamné ce jugement.

L'ONG Damj ainsi que l'organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont publié un communiqué commun, ce 15 mars, pour dénoncer ces condamnations "contraires aux principes internationaux des droits de l’Homme; condamnations dénoncées récemment par le Comité des Nations Unies contre la torture dans ses observations finales du mois de juin 2016 concernant le troisième rapport périodique de la Tunisie. Ces condamnations entrent directement dans le cadre de la violation du droit à la vie, à la dignité, à l’intégrité physique et morale et à la non-discrimination, tous protégés par la Constitution tunisienne".

Ces ONG s'insurgent contre le recours répété au test anal et rappelle ainsi que conseil de l’Ordre des Médecins de Tunisie avait lui-même publié une déclaration condamnant le recours à des examens anaux dans le cadre de l’application de l’article 230.

Damj et l'OMCT lancent un appel au ministère de la Justice tunisien pour "émettre une directive ordonnant aux procureurs l’arrêt de l’envoi des détenus pour des examens anaux dans le cadre des procédures d'enquête de police pour déterminer le comportement sexuel des individus" ainsi qu'au ministère de la Santé pour "aviser tous les médecins légistes sous l'autorité du ministère de cesser tous les examens anaux à ces fins et à respecter le droit des personnes à la dignité et à l'intégrité physique".

Idem pour l'association Shams s'insurge contre un verdict "scandaleux" qui traduit la répression "systématique" à l'encontre des homosexuels en Tunisie.

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