Le "made in Turquie" est-il en train d'accentuer le déficit commercial tunisien?

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EXPORT TUNISIA
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Aujourd’hui de nombreuses voix s’élèvent pour crier à l’urgence de limiter les importations en Tunisie. Les importations atteignent des niveaux faisant creuser le déficit commercial à 2510.6 MD au terme du mois de février 2017 contre 1350.9MD une année auparavant.

Selon le bulletin mensuel de l’INS publié mardi: "Les flux des échanges commerciaux de la Tunisie avec l’extérieur aux prix courants ont enregistré durant les deux mois 2017 une augmentation au niveau des exportations de 4.7% pour une valeur de 4626.6 MD et une augmentation importante au niveau des importations de 23.7% pour une valeur de 7137.2".

Le taux de couverture des importations par les exportations s’établit dès lors à 64.8% contre un taux de couverture de 76.6% en 2016 et 75.1% en 2015. Le taux de couverture a perdu 11.8 points par rapport à son niveau de l’année dernière.

La hausse des importations revient essentiellement à l’accroissement des importations de produits énergétiques, lesquels ont enregistré une croissance de 135.2% pour un volume d’achat de pétrole brut de 178.2 MD. Les importations des produits agricoles poursuivent également leur ascension en enregistrant une hausse de 60.1% et ce suite à la hausse de nos approvisionnement en blé tendre.

Une balance commerciale déficitaire de 277.7 MD avec la Turquie

La répartition géographique des échanges commerciaux fait montre d’une hausse des exportations avec les pays de l’Union Européenne dont essentiellement l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et la France.

Quant aux pays du Maghreb les exportations poursuivent leurs baisses avec la Libye de 8% contre une tendance à la hausse de 93% vers le Maroc et de 7,3% vers l’Algérie.

L’INS explique la hausse du déficit commercial par l’élargissement du déficit enregistré avec certains pays dont l’Italie (-253.4MD), l’Algérie (-80.7MD), la Chine (-592.4MD), la Russie (-313.8 MD) et la Turquie (-277.7 MD). Des appels ont été récemment lancés sur les réseaux sociaux pour boycotter les produits turcs qui envahissent le marché tunisien. Une question délicate qui prend des dimensions politiques mais qui impose, pour ceux qui la relèvent, la prise de mesures à même de réviser les quotas d’importations en provenance de la Turquie et la préservation de l’intérêt des entreprises tunisiennes et des industriels frappés de plein fouet par le "made in china" et "le made in Turkey".

ins

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