La police municipale réagit à l'abattage de Mojito, le caniche achevé devant le domicile de ses propriétaires à Nabeul

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Facebook/Dominique Dulot
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Ces images ont fait le tour du web tunisien.

Cette jeune femme, en pleurs tenant dans ses bras Mojito, son jeune caniche abattu par la police municipale alors qu'il se trouvait sur le trottoir devant la maison de ses maîtres.

En réaction, la propriétaire et un groupe de riverains ont pris le cadavre du chien et l'ont déposé dans le hall de la municipalité, manifestant contre l'abattage des chiens par la municipalité de Nabeul.

Intervenant sur Radio Med, le propriétaire du chien affirme avoir entendu des coups de feu alors qu'il était à l'intérieur de son domicile. En sortant, il trouve son chien sur le trottoir touché à deux reprises alors qu'il faisait sa ronde habituelle devant le domicile: "Ils ont trouvé une cible facile, car elle restait toujours sur le ventre sur le palier extérieur" affirme-t-il indiquant avoir empêché les agents de tirer une troisième balle avant qu'ils ne s'enfuient sans donner d'explications.

"Il faut signaler qu'elle porte un collier, ce qui prouve qu'elle a un maître, que c'est un chien domestique" rajoute-t-il.

Selon le propriétaire du chien, les impacts de balles sont encore visibles sur la porte du garage: "Si j'avais ouvert la porte à ce moment, j'aurais reçu ces balles. Cela doit s'arrêter, c'est un grand danger pour les gens".

Intervenant sur la même radio, un agent de la police municipale affirme qu'il y a une campagne menée pour tuer les chiens errants afin d'empêcher leur prolifération: "Quant à l'affaire qui a eu lieu aujourd'hui (...) malheureusement son propriétaire pensait qu'il était normal que son chien sorte dans la rue, et par hasard passait par là une équipe de lutte contre les chiens errants".

"Les chiens ne se promènent pas avec leur cartes d'identité ou leur carnet de santé pour différencier entre un chien domestique et un chien errant. Concernant le collier, c'est elle qui le différencie des autres grâce à ça, nous en tant qu'agents de la police municipale on n'est pas sensé les savoir" indique-t-il.

Affirmant être désolé de ce qui s'est passé, il affirme: "Nous essayerons à l'avenir de nous focaliser sur d'autres lieux, et nous demandons aux gens de faire plus attention à leurs chiens, de ne pas les laisser sortir" avant de conclure: "Je répète de nouveau et conseille les citoyens: s'ils souhaitent laisser sortir leurs chiens faire leurs besoins ils doivent les accompagner, sinon on les abat".

Depuis plusieurs mois, une campagne appelant à arrêter l'abattage des chiens errants prend de l'ampleur en Tunisie.

Intervenant sur les ondes de la radio Express FM, le maire de Tunis Seifallah Lasram a promis la mise en place d'un programme de castration pour octobre 2017 indiquant que "la castration ne réglera pas le problème,mais elle aidera à empêcher l'augmentation de la fécondité des chiens" avant d'ajouter: "Une fois les chiens castrés, ils retourneront dans la rue. Médicalement, ils ne seront plus agressifs et ne pourront plus se reproduire".

Si cette pratique est revendiquée par la police municipale pour empêcher les animaux errants de s'attaquer aux passants, plusieurs associations pour la défense des animaux sont montées au front s'indignant de cette pratique "barbare et inefficace".

En mai dernier, plusieurs personnalités tunisiennes avaient protesté contre l'abattage des chiens errants fustigeant les autorités pour cette solution "de facilité". Une pétition en ligne demandant le boycott du tourisme en Tunisie tant que l'abattage des chiens errants été pratiqué a même été relayé.

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