La Turquie traite Angela Merkel de suppôt du "terrorisme" et bloque le retour de l'ambassadeur néerlandais

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ANGELA MERKEL ERDOGAN
ANKARA, TURKEY - FEBRUARY 2 : Turkish President Recep Tayyip Erdogan (R) and German Chancellor Angela Merkel (L) shake hands during a press conference after their meeting at the Presidential Complex in Ankara, Turkey on February 2, 2017. (Photo by Halil Sarkaya/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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La Turquie, furieuse de voir ses ministres privés de meetings électoraux en Europe, est montée d'un cran ce lundi 13 mars dans sa réponse en barrant la route du retour à Ankara à l'ambassadeur néerlandais et en accusant Angela Merkel de "soutenir le terrorisme".

Les Pays-Bas sont dans le viseur du président Recep Tayyip Erdogan après leur décision d'empêcher deux ministres turcs de participer sur le sol néerlandais à des meetings en sa faveur avec la diaspora turque, avant un référendum sur le statut présidentiel.

Après avoir qualifié de "nazis" les dirigeants néerlandais, Ankara est passé lundi soir aux mesures concrètes: la Turquie, a déclaré le vice-premier ministre, refuse le retour de l'ambassadeur Kees Cornelis van Rij "jusqu'à ce que les conditions que nous avons posées soient remplies" pour résoudre la crise diplomatique. Et Numan Kurtulmus d'annoncer la suspension des relations au plus haut niveau avec les Pays-Bas.

Face à la crise, la responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a jugé "essentiel d'éviter une nouvelle escalade et de trouver les moyens de calmer la situation". De son côté le département d'Etat américain a exhorté Ankara et La Haye à "simplement éviter l'escalade et de s'efforcer de régler la situation".

"Mme Merkel, pourquoi cachez-vous des terroristes dans votre pays ?

Mais la tension a aussi grimpé avec l'Allemagne ces derniers jours, lorsque plusieurs villes allemandes ont refusé la tenue de meetings électoraux turcs. Lundi, Erdogan s'en est pris directement à la chancelière Angela Merkel, accusée de "soutenir les terroristes". "Mme Merkel, pourquoi cachez-vous des terroristes dans votre pays? Pourquoi n'agissez-vous pas?", a lancé le président turc à la télévision.

Cette diatribe était destinée à dénoncer le "soutien" qu'apporterait Berlin, selon lui, à des militants de la cause kurde et à des suspects recherchés pour le coup d'Etat manqué du 15 juillet dernier, en leur offrant refuge.

Angela Merkel a jugé ces propos "aberrants". "La chancelière n'a pas l'intention de participer à un concours de provocations", a déclaré son porte-parole Steffen Seibert.

Dans son allocution, Erdogan a également accusé l'Allemagne de "nazisme", une critique au soutien de Merkel à son homologue néerlandais Mark Rutte dans le bras de fer avec Ankara.

"Réexamen" du pacte sur la lutte contre l'immigration

Ankara est un partenaire indispensable de l'UE, notamment dans la gestion de l'afflux de migrants vers l'Europe. Mais à la lumière de la crise actuelle, un ministre turc a évoqué lundi un "réexamen" du pacte sur la lutte contre l'immigration conclu il y a un an avec l'Europe.

"La Turquie devrait réexaminer le volet des passages terrestres", a déclaré le ministre des Affaires européennes Omer Celik, cité par l'agence progouvernementale Anadolu.

La crise a été déclenchée par le refus des Pays-Bas d'autoriser samedi une visite du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, suivi de l'expulsion de la ministre de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya.

Ils devaient participer à des meetings pour convaincre l'importante diaspora turque de voter "oui" lors du référendum du 16 avril. La présence d'hommes politiques turcs à de tels rassemblements a donné lieu ces dernières semaines à des passes d'armes entre Ankara et plusieurs capitales européennes.

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