Tunisie: Une commission multipartite pour contenir le déficit commercial alarmant

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EXPORT TUNISIA
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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Un conseil ministériel restreint a été tenu, hier, à la Kasbah autour du déficit commercial. Un déficit alarmant qui nécessite des mesures opérationnelles urgentes à même de contenir cet écart qui ne cesse de se creuser entre exportations et importations.

En effet, et en se référant aux dernières statistiques de l’Institut National de la Statistique (INS) au terme du mois de février 2017, le déficit commercial s’est maintenu à 1288.8 MDT conte 507,2 MDT en janvier 2016, soit un écart de plus de 780 MDT.

Une situation critique imputée à la hausse vertigineuse des importations mais aussi à la forte dépréciation du dinar tunisien. En effet, l’euro s’échangeait hier à 2,43 dinars et le dollar à 2,28 dinars. Que faut-il faire pour contenir le déficit commercial à un niveau acceptable de manière à améliorer le taux de couverture des importations par les exportations ?

Le conseil ministériel restreint tenu lundi par Youssef Chahed, Chef du gouvernement, a décidé de mettre en place une commission multipartite qui sera chargée d’animer la réflexion autour des différentes suggestions proposées par les opérateurs et acteurs économiques tout en prenant en considération les engagements de la Tunisie avec l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et les accords bilatéraux et régionaux.


Les mesures de sauvegarde de l’OMC

Les importations posent des problèmes en Tunisie, comme l'atteste la ventilation des échanges commerciaux par produits publiée par l’INS. Certains industriels déplorent une concurrence déloyale dont notamment les professionnels du secteur du textile-habillement et du cuir et chaussures mais aussi de l’agroalimentaire qui crient à l’inondation du marché tunisien par les produits turcs. Pourquoi donc ne pas commencer par appliquer les mesures de sauvegarde convenues dans l’accord GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) ?

Selon l’OMC : « Les mesures de sauvegarde sont définies comme des mesures “d'urgence” concernant l'accroissement des importations de produits particuliers, lorsque ces importations causent ou menacent de causer un dommage grave à la branche de production nationale … Ces mesures peuvent consister à appliquer des restrictions quantitatives à l'importation ou à relever les droits au-delà des taux consolidés.

Aujourd’hui le gouvernement semble prendre le problème du déficit commercial au sérieux, un problème qui, rappelons-le, faisait partie des priorités du gouvernement Chahed et de l’accord de Carthage.

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