Décret migratoire de Trump: un Algérien retenu pendant 15H à l'aérorpot d'Orlando (Floride)

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ORLANDO INTERNATIONAL AIRPORT FLORIDA
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Bien que l'Algérie ne soit pas concernée par le décret migratoire de Donald Trump, des ressortissants algériens se font encore retenir dans les aéroports américains. Et H.A. en est un exemple. De retour aux Etats-Unis mercredi 8 mars 2017 après un séjour au Brésil, cet Algérien a été retenu pendant plus de 15 heures à l'aéroport de Orlando (Floride) par les douaniers états-uniens.

Dans un témoignage au HuffPost Algérie, il a affirmé avoir été "menotté", interrogé sur ses origines et sa religion. Son visa a même été révoqué durant son vol de retour.

Détenteur de la double nationalité franco-algérienne, ce ressortissant a pourtant fait un aller tranquille une quinzaine de jours plutôt, malgré le blocage que provoquait toujours la première mouture du décret de Trump. "J'ai décidé de transiter par les Etats-Unis pour me rendre au Brésil et je suis passé par le poste des douaniers sans aucun problème", a-t-il déclaré.

Mais son voyage a soudainement viré au calvaire à son retour aux États-Unis. A son atterrissage à l'aéroport d'Orlando en Floride, la victime, sur le point d'embarquer en direction de New York vers 07H00, a appris que ... son visa a été révoqué pendant son vol retour.

"Je me suis vite retrouvé encerclé par leurs services de sécurité et emmené avec mes bagages au poste douanier", témoigne-t-il, documents à l'appui.

Des fouilles et des questions

H.A. a été retenu pendant de longues heures par les douaniers américains. "J'ai été retenu de 07H à 22H45", a-t-il rajouté. Durant cette rétention, il a été interrogé sur son identité, ses origines à lui et celle de ses parents ainsi que sur ses coordonnées, a-t-révélé.

Après avoir appris son origine algérienne, les douaniers ont alors commencé à lui poser des questions sur sa religion.

"Leurs questions étaient bizarres. Ils se sont ensuite mis à me demander si j'ai déjà été en contact avec des réseaux ou groupes terroristes, en Libye voire même au Yémen", poursuivait ce ressortissant. Des questions devenues récurrentes pour les ressortissants de pays majoritairement musulmans depuis la signature par le président des Etats-Unis, Donald Trump, de son décret migratoire.

Mais la "libération" de cet Algérien par les douaniers américains ne signifiait nullement la fin de son calvaire. Au contraire, H.A. a ainsi été menotté et accompagné pour être embarqué dans un avion ... de retour vers Sao Paulo, au Brésil. Après presque 16H de rétention sans manger ni boire, "j'ai été embarqué, menotté et encerclé comme un criminel, dans un avion de retour à Sao Paulo", sans aucune explication.

H.A. a souligné avoir fait un aller-retour Sao Paulo-Orlando en moins de 24H. Ne pouvant plus revenir aux Etats-Unis, son visa ayant été révoqué, ce ressortissant s'est finalement résigné à acheter un autre billet, cette fois-ci Sao Paulo-Paris dont le vol était programmé le lendemain, jeudi 9 mars 2017.

Il ne s'agit pas du premier ressortissant algérien victime du décret migratoire de Donald Trump. Début février 2017, un autre Algérien, détenteur de la Green Card et habitant de l'Etat de la Louisiane, a été retenu pendant 7 heures à l'aéroport international de New York.

Selon une avocate américaine bénévole avec un mouvement de protestation contre le décret anti-immigration de Trump, un autre Algérien, détenteur de la Green Card, a été retenu mercredi 01 février 2017 pendant plus de 7H dans le même aéroport.

Habitant de la Louisiane, il se rendait à New York pour la première fois. A en croire le témoignage de cette avocate, les autorités américaines "lui ont confisqués son ordinateur et l'ont interrogé sur sa religion, sa famille et ses opinions sur Daech pendant sa détention", avant de le libérer, affirmait la même source.

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