L'Arabie Saoudite prévoit d'expulser 5 millions de migrants illégaux

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MIGRANTS SAUDI ARABIA
A group of 450 Iraqi refugees arrive in the southern Iraqi port city of Basra 23 September 2003 from Saudi Arabia, after spending 12 years in a desert camp in Rafha. The group had left for southern Iraq via Kuwait in a convoy of nine buses and nine trucks carrying their belongings yesterday. According to the UN refugee agency UNHCR, the group was the fourth to return home from Saudi Arabia. AFP/PHOTO/Ahmad Al-Rubaye (Photo credit should read AHMAD AL-RUBAYE/AFP/Getty Images) | AHMAD AL-RUBAYE via Getty Images
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L'Arabie Saoudite prévoit d'expulser de son territoire environ 5 millions de migrants illégaux. L'initiative est actuellement discutée au sein de son Conseil consultatif, après avoir été lancée par l'un des députés dans le but de limiter le nombre de "travailleurs illégaux", rapportent plusieurs médias.

Ce député, Sadqa Fadel a "exprimé sa crainte de voir de nombreux étrangers venir en Arabie Saoudite illégalement afin d'obtenir la résidence permanente dans le Royaume". Dans un rapport formulé à Majlis Al-Choura, il affirme que "l'arrivée de migrants étrangers n'est pas toujours appréciée par les Saoudiens, qui estiment que l'immigration augmente le taux de criminalité dans le pays".

Le nombre total de travailleurs immigrés représente aujourd'hui 30% de la population, poursuit-il dans son rapport.

Mais cette campagne d'expulsion des immigrés clandestins ne serait pas la première dans l'histoire de l'Arabie Saoudite. De 2012 à 2015, le Royaume a déporté 243.000 Pakistanais, dont certains accusés de terrorisme, selon des statistiques officielles. "55 000 sans-papiers ont été expulsés en 45 jours" en novembre 2016, selon le quotidien saoudien Al-Eqtisadiah.

En février 2017, 22. 000 sans papiers ont également été expulsés en 20 jours.

Le Royaume légifère le travail des étrangers selon un système appelé "kafala" en vertu duquel le droit de résider dépend de la décision de l'employeur. Sans le consentement du gouvernement, un migrant n'a pas le droit de travailler dans un autre domaine que celui pour lequel il a immigré.

Mais l'Arabie Saoudite est réputée pour ses violations des droits des migrants. L'organisation de défense des droits de l'Homme "Human Right Watch" a d'ailleurs dénoncé les abus des employeurs envers les migrants. En 2014, des travailleurs pakistanais non rémunérés avaient manifesté. En Janvier 2017, des affrontements ont eu lieu à La Mecque, aboutissant à l'arrestation de plusieurs individus.

Une vidéo filmée à l'intérieur d'un centre des passeports à Jeddah, montrait un agent battre des immigrés à coups de ceinture pour les faire sortir, circulait sur la toile. Visionnée plus de deux millions de fois, cette vidéo "témoignait des mauvais traitements que subissent les travailleurs immigrés dans le pays", soulignaient ainsi les internautes.

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