Une mineure congolaise retenue dans des conditions "indignes" à l'aéroport de Casablanca

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AROPORT
Une mineure congolaise retenue dans des conditions "indignes" à l'aéroport de Casablanca | DR
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MIGRATION - Une fille mineure de nationalité congolaise serait actuellement retenue à l'aéroport Mohammed V de Casablanca, seule et dans des conditions "indignes".

Selon le Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) qui rapporte l'information, la situation dure depuis un mois jour pour jour. "Une enfant mineure originaire de la République démocratique du Congo est maintenue dans la zone d’attente de l’aéroport Mohammed V de Casablanca depuis le 12 février 2017", a fait savoir l'association dans un communiqué .

Expulsion prévue dimanche

"Aucun hébergement" n'aurait été prévu pour elle, ni de "nourriture". Son expulsion vers son pays d'origine, la RDC, serait prévue pour la soirée du dimanche 12 mars, "sans aucune garantie que celle-ci sera prise en charge sur place", poursuit le GADEM.

"C'est une violation du droit marocain et des conventions internationales", dénonce son président, Mehdi Alioua, contacté par le Huffpost Maroc.

Selon lui, la jeune fille est âgée de 17 ans "sur les papiers", mais en réalité elle ferait beaucoup moins jeune physiquement, "14 ans environ".

Elle serait arrivée au Maroc après avoir été renvoyée de Tunis vers Casablanca. Selon le président du GADEM, "rien n'est clair dans cette histoire". "Il est possible qu'elle ait voyagé seule pour se rendre en Europe", soutient le responsable.

En tout cas, une chose est sûre selon lui. "La fille est mineure et devait être protégée par les autorités marocaines comme le prévoient la loi, avant de mener leur enquête".

"Décision illégale"

"Nous demandons à ce que la société civile puisse être présente dans cette zone pour accompagner les autorités de notre pays dans des cas pareils", ajoute Mehdi Alioua.

Dans son communiqué diffusé samedi, le GADEM rappelle que les personnes mineures sont protégées par la loi marocaine en vigueur contre toute forme d’éloignement (article 26 et 29 de la loi n°02-03), ainsi que par les principaux traités internationaux de protection des droits humains ratifiés par le Maroc.

L'association indique également avoir "prié instamment les autorités marocaines compétentes de revenir sur cette décision illégale d’éloignement et de permettre son admission sur le territoire marocain dans les plus brefs délais afin de pouvoir assurer son bien-être et sa protection". La représentation diplomatique de la RDC au Maroc a aussi été mise au courant par le GADEM.