Hafida Benchehida, l'infatigable quête de l'excellence

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HAFIDA BECHEHIDA
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Son visage est certainement familier. On est certain de l’avoir vu, mais où cela? Elle s’est arrogé une petite place au fond des écrans de télé. On ne se rendait presque pas compte de sa présence et pourtant elle assistait aux entretiens officiels de tous les chefs d’Etat ou presque qui ont rendu visite à l’Algérie ces dernières décennies.

Hafida Benchehida, interprète de profession, n’a pourtant jamais été fonctionnaire de la présidence de la République. Maîtrisant parfaitement six langues, parlant couramment trois autres, ses compétences l’ont imposée de droit comme la collaboratrice incontournable à la première institution du pays. Elle sera l’interprète attitrée du chef de l’Etat durant 14 ans. Diplômée de l’institut d’interprétariat de Genève, mère de deux enfants, son aisance du discours, et sa polyvalence auraient pu faire d’elle une ambassadrice es qualité de son pays à l’étranger.

Des couloirs de la Banque Mondiale à Washington à ceux du Conseil de la Nation à Alger dont elle est membre du tiers présidentiel, ce petit bout de femme débordant d’énergie a connu un parcours atypique.

hafida benchehida

Née au milieu des années 40 dans une famille de notables, Hafida avait toutes les chances de son côté pour mener une vie sans soucis. Fille d’un magistrat, elle avait appris le sens de la justice dès son jeune âge. Aussi, c’est sans la moindre hésitation qu’elle devient une des plus jeunes filles qui ont intégré les rangs du FLN et servi la cause de son pays dans les liaisons.

Avec son amie, Saleha Azza, une autre fille de notable, tient-elle à souligner, elle a fini par être arrêtée par la police coloniale. "J’ai été cueillie par la police coloniale au lycée. Ils sont venus me chercher. Je n’avais alors que 17 ans". C’est grâce au témoignage de la directrice du lycée qu’elle a été relaxée: "Elle leur avait dit que j’étais première de la classe durant tout mon cursus et qu’il était impossible que je fasse partie d’un quelconque réseau".

Envoyée par le FLN à l’étranger, devenue membre du MALG, on lui octroie une bourse d’étude universitaire mais elle ne terminera pas des études de médecine. Elle se marie par la suite et accompagne son époux après l’indépendance à Genève où il a été nommé ambassadeur. Mais Hafida Benchehida n’est pas femme à rester tapie dans l’ombre d’un homme.

Son tempérament, son insatiable amour du savoir et son esprit curieux la motivent pour pousser à nouveau les portes de l’université à Genève. "J’y étais partie pour m’inscrire en Histoire de l’art mais au moment où j’ai franchi le pas j’ai croisé une vieille connaissance qui m’a convaincue à intégrer l’école d’Interprétariat de Genève". Elle n’en sort qu’au bout de cinq ans bardée de diplômes avec la mention très bien.

Langue après langue elle collectionne les maîtrises, mais pour elle son plus grand apprentissage c'est celui qu'elle avait eu de son défunt père. Il lui avait appris la langue arabe en lui faisant réciter "Alfiet Ibn Malek" qu'elle connait à ce jour par cœur. Aujourd’hui septuagénaire, elle garde toujours cette grande volonté d’apprendre de nouvelles langues.

Son rêve? que "les jeunes algériens aient la chance d’avoir une bonne éducation solide qui leur permet de se prémunir de tous les dangers et de bien servir leur pays".

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